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Tome premier.
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LXIII
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DISCOURS PRELIMINAIRE.

nii;

Les disciples de saint Benoît , dégoûtés d'un monde d’où la vertu étaitbannie, se retirèrent, en 543, sur le mont Cassin et se consacrèrent àl’éducation de la jeunesse et à l’étude; ils rendirent d’immenses servicesa la civilisation , en multipliant les manuscrits, précieux monuments del’antiquité.

Ce siècle fut pourtant signalé par une importation d’un grand in-térêt pour les arts. Deux moines , envoyés à Ceylan , en rapportèrent àConstantinople les vers à soie , se livrèrent à leur éducation et fabri-quèrent les premiers tissus. Le commerce, abandonné aux Syriens dontl’influence était alors considérable, consistait en aloès, épices, ivoire,pierres précieuses, etc. ; mais bientôt toute relation avec l’Orient cessa.

Le règne des sciences chez les anciens finit lors de la translation dusiège de l’empire à Constantinople . Une ère nouvelle va commencer, em-preinte du caractère de mysticité sauvage émanant de son origine. Salutte contre les ténèbres et le besoin d’asseoir ses institutions l’absorbenttout entière, et elle semble un pont jeté entre deux âges pour les réunir.

SECONDE PARTIE.

MOYEN AGE.

Histoire des sciences naturelles, depuis le VII e jusqu’au XVI e siècle de l’ère

vulgaire.

Le moyen âge, cette époque si peu, si mal connue, et pendant si long-temps jugée avec une injuste prévention, est cependant digne, commeépoque de transition, de fixer nos regards. Il nous présente, d’un côté,la lente et laborieuse élaboration de la civilisation au sein d’une sociétéqu’aucun fil ne guide à travers des routes inconnues ; de l’autre, la lutteacharnée de l’intelligence contre l’abrutissement qui, sous toutes lesformes, vient s’opposer à sa marche progressive. Nous commenceronsl’histoire de cette longue période par celle des Orientaux, qui devinrentde nouveau, pour quelques siècles, les maîtres ou plutôt les conserva-teurs de la science. Les peuples de l’Occident n’occupant que la secondeplace, ne viendront qu’après eux.