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Tome premier.
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LXVI
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M% j DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

Sabéens d’IIarran , parce qu’il éiait atiaehé à cette secte, est un auteurd’une fécondité prodigieuse ; on lui doit un ouvrage sur l’anatomie desoiseaux. Abou Hanifa a écrit sur l’agriculture, l’iiippialrique et la bota-nique; Ibn Wahchijd, sur la zoologie générale et sur la magie. Oncompte parmi les nombreux astronomes de cette époque le célèbre ElBaten, qui détermina l’aphélie ; et dans le même temps d’autres sa-vants calculaient l’inclinaison de l’écliptique, composaient des tablesastronomiques, faisaient des observations sur les étoiles fixes et sur lesclipses.

On doit d’autant plus s’étonner de trouver en Orient un si grand nombrede savants du premier ordre, que les califes, accoutumés à une dominationdespotique, traitaient avec une barbarie révoltante ceux d’entre eux quiencouraient leur disgrâce en s’exprimant avec trop de liberté. ElDchâdidh fut emprisonné sur un simple soupçon. Said Ben Naufel,médecin de l’émir Ben Touloun, lui ayant reproché un écart de régimequi s’opposait à sa guérison, fut condamné à recevoir deux cents coupsde fouet, et mourut pendant l’exécution. Isaac Ben Amran, que ses con-temporains nommaient le refuge de son siècle, ayant eu le malheur dedéplaire au prince dont il était le médecin, fut condamné à être saignéaux quatre veines; et son cadavre, attaché à une croix, devint la pâturedes vautours.

Au commencement du x° siècle, les mahomélans se livrent pour lapremière fois à l’étude des sciences. El Razi (Rhazès ), le Galien de sonépoque, leur ouvre la voie. Le nombre de ses ouvrages excède deuxcents. On a de lui d’excellentes monographies anatomiques, et une fouled’autres travaux sur les diverses branches de l’art de guérir, renfermésdans un corps d’ouvrage qui forme un cours complet de médecine. Il aécrit sur la médecine talismanique, et sa crédulité lui fut bien funeste :le calife El Manzour lui ayant demandé de répéter une des expériencesindiquées dans son livre, et Rhazès n’ayant pas réussi, le calife le frappasi rudement sur la tête , qu’une cécité complète fut la suite de cettebrutalité.

El Fàrâbi (950) a écrit sur l’alchimie, et sur un grand nombre d’autressujets. On a de lui un ouvrage fort curieux relatif à la classification dessciences. Ibn Abul Achath (970) a laissé un traité de zoologie générale.El Madchriti (975), de Madrid , fut le premier mathématicien et le pluscélèbre astronome de l’Espagne ; il est l’auteur d’un livre concernant lagénération des animaux, l’alchimie et les pierres précieuses. Le célèbre