DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
i.xvij
Ferdrousi, à qui l’on doit un traité sur l'origine de la terre, a soutenul’opinion du soulèvement des montagnes.
L’activité des Arabes embrassait toutes les parties des connaissanceshumaines, et ils s’occupaient de l’agriculture avec un soin particu-lier. Le code agricole des Arabes d’Espagne est un modèle de per-fection; on y trouve une comparaison judicieuse entre les théories desdivers peuples, calculées d’après les climats et la nature du sol.La fermentation causée par les croisades n’interrompit pas leurs tra-vaux ; pendant que l’Europe occidentale courait aux armes pour vengerla cause du Christ, l’Orient poursuivait ses progrès scientifiques. Depuis1006 jusqu’à 1210, les Arabes de Syrie, de Perse, d’Égypte et d’Espagne sont à la tête des sciences.
Le plus célèbre médecin de cette époque est Mésué le jeune, ou IbnSina (Avicenne), de Bokhara dans le Turkestan . Son principal ouvrage,intitulé Canon , eut une réputation prodigieuse dans toute l’Asie , etsa doctrine fut longtemps la seule qu’on enseignât dans les écolesde médecine. Sa physiologie est cependant fausse et erronée, et sesdivisions se multiplient sans nécessité. On reconnaît que Galien lui aservi de guide dans les explications qu’il donne des causes des maladies.Ibn Sina a laissé de plus trois traités sur l’alchimie. El Biruni , astrologueet alchimiste plutôt que médecin, a écrit un traité sur les propriétés desmétaux, des minéraux et des plantes. Ibn Dchezla (1074) a laissé uneliste alphabétique des plantes officinales.
La plus grande partie des savants de ce temps appartient à l’Es-pagne , dont les écoles étaient fréquentées par tous les Européens avidesde connaissances : ce sont surtout des médecins praticiens qui ont touslaissé des travaux généraux sur l’anatomie et la médecine.
La célèbre famille des Ibn Zolir (Avenzoar ), dont le chef s’établit enEspagne au commencement du x e siècle, a produit un grand nombre demédecins. Avenzoar (1140), un des plus zélés partisans de Galien, ,est plus original que les autres médecins arabes; il s’est occupéà la fois de médecine, de chirurgie et de pharmacie, quoique ce nefût pas la coutume d’alors. Les préjugés s’opposaient déjà chez euxaux progrès de la science ; car ils regardaient comme infâmes cer-taines opérations, entre autres celle de la pierre. Ibn el Awwam, de Sé-ville , fut un des naturalistes célèbres du xti e siècle; il a écrit sur l’agricul-ture. Ibn Malran, médecin du sultan Salah-ed-din (1189 à 1201), aécrit sur les plantes médicinales. Ibn lloschel (Averrhoës ) (1195), de