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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
éludes philosophiques sont quelque peu cultivées, c’est pour lutter sansdésavantage contre les théologiens grecs, avec lesquels était engagéeune polémique active. L’érudition la plus vaste de cette époque embras-sait le trivium, qui renfermait la grammaire, la rhétorique, la dialec-tique; et le quadrivium , qui comprenait la musique, l’arithmétique,la géométrie, l’astronomie. Il n’y avait qu’un petit nombre d’élèvesqui terminassent le trivium. Quant au quadrivium, regardé comme le neeplus ultrà de la science humaine, peu d’élèves osaient s’élever à cettehauteur; encore n’avait-on aucun livre pour ccs études, et les maîtresmanquaient partout.
A cette époque, la médecine était tombée dans la barbarie, même enGrèce ; ses doctrines, privées de l’appui des sciences d’observation,n’étaient plus qu’une réunion d’erreurs et de pratiques superstitieuses.Charlemagne , frappé de ce vice, fonda la célèbre école de médecine deSalerne , où il appela les Grecs qui cultivaient les sciences médicales. Sesefforts furent tous impuissants, malgré la protection dont il entoura lesétudes; l’intelligence humaine semblait frappée de stérilité. La métal-lurgie seule avait conservé quelques-uns de ses secrets ; mais des créa-tions grossières remplaçaient l’art si délicat des Grecs.
L’agriculture était aussi retombée dans l’enfance. De vastes et sombresforêts qui descendaient des montagnes jusqu’au fond des plaines, et desmarais infects couvraient la face de l’Europe , et en abaissant la tempé-rature s’opposaient aux progrès des sciences agricoles. Les fleuves et lesrivières, dont aucune digue n’arrêtait les eaux, débordaient à la moindrecrue et inondaient les terres basses. Le défrichement avait lieu ,comme aujourd’hui encore dans le Nouveau-Monde , par l’incendie desarbres qui couvraient le sol, et cette terre vierge, qui aurait dû tantproduire, si elle avait été cultivée par des mains habiles, fournissait àpeine à la subsistance de l’homme ; il n’en sortait que des miasmes putri-des, sources de maladies mortelles. L’art d’élever les troupeaux étaitle plus répandu; mais on multipliait seulement les produits sans amé-liorer les races.
La division des terres, en rendant indispensable l’étudede la géométrie,avait sauvé cette science d’un entier oubli ; mais on négligeait les aulresparties des mathématiques, et l’aslronomie n’était cultivée dans les cloî-tres que pour celle de ses parties qui servait à la supputation du retourpériodique des fêles religieuses. Sous l’influence des idées astrologi-ques, on n’observait plus les mouvements des corps célestes pour en