Band 
Tome premier.
Seite
LXXI
JPEG-Download
 

DISCOURS PR F. LIMINAIRE.

LXXj

étudier les lois, mais dans le but d’en découvrir l’influence sur les desti-nées humaines. L’apparition des comèles passait pour un événement fu-neste ; et Charlemagne , malgré son génie, prononça une sentence contreune aurore boréale , regardée par les théologiens du temps comme unmaléfice du duc de Bénévent, destiné à ensorceler la France .

Sous les faibles successeurs de Charlemagne , le mouvement des espritsvers le progrès s’arrête , et les sciences retombent dans l’obscurité. Desdérangements survenus dans les saisons causent, des famines qu’accom-pagne la peste; et le commerce, privé d’appui, reste impuissant contreces maux.

Les seigneurs, étrangers aux occupations de l’esprit, consacraient à lachasse les moments qu’ils pouvaient enlever aux travaux guerriers; ilsdressaient pour cet exercice le faucon, l’épervicr, l’émérillon et mêmele vautour.

Les damoiselles cependant s’occupaient de l’art de soigner les bles-sures, et étudiaient, d’après des données empiriques, les propriétés desvégétaux. Les mires ou médecins, méprisables charlatans, étrangersaux sciences d’observation , allaient criant leurs remèdes par les rues,suivis de femmes qui faisaient métier d’accoucher et de saigner. L’ana-tomie était complètement négligée, parce que retombant, sous ce rap-port, dans les préjugés de l’antiquité grecque, on regardait comme unsacrilège l’étude sur le cadavre.

La géographie était dans le même étal de délaissement, et l’on croyaitfermement à l’existence de quatre parties du monde, par le motif que cenombre correspondait aux divisions de la croix.

D’un autre côté, la guerre avait embrasé toute l’Europe. Les Anglais repoussaient les invasions des Danois, les Français combattaient les Nor-mands, les Espagnols luttaient contre les Musulmans, et les rois chré-tiens s’armaient les uns contre les autres sous les plus frivoles prétextes.

Les savants des ix e et x e siècles sont Raban Maur , archevêque deMayence ; Agobard , archevêque de Lyon; Mélhodius; Scott Erigène, etsaint Hérié, moine d’Auxerre , que sa méthode philosophique, pour arri-ver à la découverte de la vérité, a fait comparer à Descaries.

Constantinople , quoique riche encore en débris de la science anti-que, semblait frappée de la même torpeur; mais celte ville sortit de sonengourdissement sous Constantin Porphyrogénète . Ce prince y rassemblales manuscrits les plus précieux, en fit faire des copies, et s’entourad’honnnes qui consacraient leur vie à l’étude. Eutychius, patriarche