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Tome premier.
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DISCOURS PRÉLIMINAIR E.

ï, \ \ V

Tin aux querelles intestines. Les chrétiens d’Orieni, opprimés par lessectateurs de Mahomet , poussèrent un long cri de détresse qui retentitdans tout l’Occident . L’esprit actif et aventureux des Francs fut lepremier à céder aux prédications de l’ermite Pierre. Hauts barons,vassaux, serfs attachés à la glèbe, tous prirent les armes pour la défensedu christianisme ; cette longue et sanglante guerre, qui dura plusieurssiècles et dévora, dit-on, près de deux millions d’hommes, eut pourtantpour effet de rattacher l’une à l’autre ces deux parties de l’ancien monde,longtemps demeurées étrangères, de lier le présent au passé, et de per-fectionner les intelligences, en étendant les relations des peuples.

Les sciences, cultivées par les Arabes avçc tant d’éclat, ne furent pasperdues pour l’Occident. On allait puiser dans les écoles de Séville et deCordouc, regardées comme le foyer des lumières, une éducation supé-rieure à celle del’Huropc occidentale. Les ouvrages des savants arabes,versions souvent infidèles de ceux des Grecs, étaient traduits en latin,se répandaient en Italie, en France, en Allemagne , en Angleterre, et ypropageaient le goût des études sérieuses; aussi les hommes remarquablessont-ils moins rares au xt° siècle qu’aux époques précédentes. L’activitérègne dans les cloîtres, où les moines écrivent des chroniques en selivrant à des travaux d’érudition; et tout ce qu’il y a de science humaineest l’apanage du clergé. Au premier rang brillent Fulbert, évêque deChartres ; Guy d’Arczzo, l’inventeur de l’échelle musicale; Thieddas,qu’on regarde comme un médecin distingué ; l’alchimiste Ilorlulanus,qui alla étudier en Espagne , et à son retour écrivit un commentairesur la table d’Émeraudc; Constantin l’Africain , qui, banni de sa patriepar la jalousie de ses concitoyens, se réfugia en Sicile , où il devintl’ornement de l’école de Salerne , fut un des plus célèbres compila-teurs en médecine, et passe pour avoir introduit en Italie la méde-cine grecque arabe ; Gerbert (Silvestre II ) enfin f élève de l’écolede Cordoue, qui importa en France les horloges à rouage, les chiffreset îa numération empruntés aux Indiens. C’est sans doute à l’épo-que où l’Europe alla puiser dans les écoles arabes la science qui luimanquait que la langue s’enrichit des termes scientifiques qui- y sontrestés, tels qu’almanach, algèbre, azirnulh, nadir, alcool, etc. Au dehorsdes cloîtres, on ne trouve guère que des hommes d’armes et des serfs,les uns abrutis par l’habitude d’une domination tyrannique; les autres,par celle de l’obéissance passive.

Un autre service rendu à la civilisation par les Arabes , et qui con-