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Tome premier.
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LXXVI
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IAXVJ

D1SC01 RS PRÉLIMINAIRE.

tribua à la diffusion des lumières, fut l’invention du papier de colon, etplus tard celle du papier de lin. Ce fut encore l’Espagne qui jouit la pre-mière de ce bienfait; car l’Europe barbare, après s’être longtemps serviede papyrus, avait été obligée, par suite de la disette de cette substance,d’employer à la copie des missels et des psautiers les manuscrits grecset latins, ce qui hâta la décadence des lettres.

Une des causes qui s’opposait à la propagation de la science était l’in-stabilité des formes du langage. La langue latine, défigurée par les bar-bares , avait perdu sa pureté primitive ; et celle des Francs, longtempsmêlés à des populations d’origine différente, n’avait pu encore atteindreune parfaite unité. Tant que dura cette incertitude dans les moyens demanifestation, les sciences restèrent brutes, et le peuple, chez qui setrouvent ces nobles intelligences, auxquelles il ne manque que les occa-sions pour s’élever aux plus hautes conceptions du génie, languissaitdans l’ignorance la plus profonde.

Vers la fin de ce siècle (109â), une horrible maladie, le mal des ar-dents, espèce d’anthrax contagieux, préparé sans doute par plusieurssiècles de misère, dépeupla l’Europe , et cette fois encore la médecine futimpuissante ; on ne trouva d’autre digue à opposer à ce fléau que desprières publiques qui, en augmentant les contacts, propagèrent l’épi-démie avec une effrayante rapidité.

Au xii e siècle, la philosophie s’est répandue partout sous la formepéripatéticienne. Elle a pénétré au sein des écoles; et les théologiens, lamétamorphosant au gré de leur caprice, en forment la doctrine sco-lastique, doctrine étroite et inféconde , qui étreignit longtemps la pen-sée , mais ne fut pourtant pas aussi funeste au progrès qu’on l’a voulufaire croire.

Pendant cette période les études conservent le même caractère d’in-certitude, et tous les savants sont divisés par les querelles des réa-listes et des nominaux. Les hommes les plus remarquables sont An-selme, Guillaume de Champeaux, saint Bernard de Clairvaux , et lecélèbre Abeilard, homme d’une trop grande indépendance d’esprit pourne pas s’attirer les persécutions des partisans de la philosophie étroiteet mesquine qui s’agitait sur les bancs de l’école. Nous trouvons cepen-dant aussi quelques auteurs qui ont écrit sur l’histoire naturelle : ce sontl’abbesse Hildegarde de Pinguia, qui vivait en 1180, et a laissé, sous letitre de Physica S. Hildegardn , un traité complet d’histoire natu-relle; Alexandre Neckam de Hartford, qui écrivit sur la nature des choses