i.xxxvj DISCOURS l’RÉLIMINAIRK.
les corps planétaires, et réduisit la révolution diurne du ciel à une sim-ple illusion d’optique.
Ce système, si simple et si logique, rencontra cependant des contra-dicteurs. Tycho-Brahé , auquel la science doit de grandes découvertes,telles que la variation de la lune, le mouvement de ses noeuds, l’inclinai-son de son orbite, etc., ne l’adopta pas. Tout en avouant les vicesde celui de Ptolémée , il ne voulut pas reconnaître au soleil saplace au centre du monde. Il y mit la terre, autour de laquelle il littourner le soleil, entraînant avec lui les planètes dans sa révolutionannuelle. Ce système, contraire aux lois de la saine physique, mais quine change pas l’apparence des phénomènes, fut soutenu avec chaleurpar Longomontanus , Morin et Riccioli.
En 1519, le voyage autour du monde, commencé par Magellan etterminé par son lieutenant, mit hors de doute la sphéricité de la terre ;et à la fin du xvi'siècle, sous le pontificat de Grégoire XIII , eut lieu laréforme du calendrier, réclamée depuis longtemps avec instance par lesastronomes. En 1582, on était de dix jours en retard sur les phénomènesqui règlent le retour des saisons. Pour rentrer dans l’ordre normal, onsupprima dix jours au mois d’octobre ; et l’Europe entière, à l’exceptiondes Grecs et des Russes , adopta cette réforme.
Les grands travaux en physique ne sont pas nombreux à cette époque;les connaissances des anciens forment encore le fond de la science, clil n’y fut ajouté que peu de choses. Cependant nous y trouvons l’impor-tante découverte de la déclinaison de l’aiguille aimantée, observée parSébasiien Cabot dans un voyage au nord de l’Amérique , pour chercher unpassage qui pût conduire en Chine . Frascator découvrit le principe dela décomposition du mouvement ; Stévin trouva le véritable rapportqui existe entre la puissance et le poids dans le plan incliné. En 1560, leNapolitain Porta, qui s’occupait de magie et de sciences occultes, per-fectionna la chambre obscure et forma le plan d’une encyclopédie. Mau-rolicode Messine publia, sur le mécanisme de la vision, une théorie fortavancée qui lui fit découvrir les moyens de remédier aux défauts de lavue, en employant des verres concaves pour les myopes et convexes pourles presbytes. A la fin de ce siècle, Gilbert de Colchester fit paraître untraité sur le magnétisme et l’électricité, et Doininis, évêque de Spalatro,donna une bonne théorie de la formation de l’arc-en-ciel intérieur.
L’alchimie, fondée sur une idée peut-être mal définie plutôt qu’erronée,mais sérieusement occupée d’études sur l’analyse et la synthèse des corps,