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sur lesquels elle peut être établie. Gessner brille par la justesse de sonesprit. C’est un compilateur habile, un critique plein de finesse et de sa-gacité ; aussi son ouvrage doit-il être souvent consulté.
Aldrovande, d’une famille patricienne de Bologne , fut contemporainde Gessner . Il publia une longue série de travaux sur les sciences natu-relles. Ses écrits indiquent une grande facilité, mais il n’a pas la saga-cité de Gessner , et il a moins observé par lui-même. Uterverius, deDelft,successeur d’Aldrovande ; Barthélemy Ambrosinus et Thomas Dunsler,professeur de Bologne , publièrent, après sa mort, aux frais de la ville,les dix volumes in-folio qui forment le complément des quatre qu’il avaitfait paraître pendant sa vie, et dans lesquels leurs travaux sont mêlésaux siens. On ne voit pas de traces de méthode dans Aldrovande; il suitl’ordre adopté par Aristote , et n’a fait un essai de classification que pourles insectes ; encore a-t-il pris ce philosophe pour guide.
L’apparition de ces deux célèbres zoologistes contribua beaucoupaux progrès des études zoologiques, dont ils furent les plus intelligentspromoteurs.
Olaüs Magnus a donné, dans son histoire des nations septentrionales,des détails fort curieux sur la zoologie du Nord. On trouve cependant en-core dans son livre des préjugés empruntés aux anciens. Il parle, entreautres animaux fabuleux, du Kraken, poulpe gigantesque qui de seslongs bras enlace les navires et les entraîne dans l’abîme. Cet écrivainn’est pas très scrupuleux ; car il donne comme résultat d’observationspersonnelles des faits empruntés à Gessner et à Aldrovande.
Clusius (Del'Écluse), d’Arras , quoique n’ayant jamais quitté son cabi-net, a écrit, sous le titre d ’Exoticorum librix, quibus animalium his-toriée describuntur, un ouvrage fort intéressant sur toutes les branchesdes sciences naturelles. On y trouve un grand nombre de faits nouveaux.Il a décrit le premier la roussette, espèce de chauve-souris à ailes gi-gantesques.
Nous comptons au nombre des naturalistes les voyageurs que l’Amé-rique appelait dans ses vastes déserts, et nous citerons, parmi ceux quiont laissé une relation de leurs observations , Gonzalès, d’Oviédo,d’Acosta et Hernandez. Nous y joindrons Bernard de Breidenbach, Gui-landinus et Rauwolf qui ont visité le Levant, et ont consigné dans la re-lation de leurs voyages des détails fort curieux sur l’histoire naturellede ces contrées. Ce dernier a laissé un herbier très précieux des plantesrecueillies par lui dans ses excursions ; cet herbier se voit encore aujour-