Band 
Tome premier.
Seite
XCIII
JPEG-Download
 

DISCOURS PRÉLIMINAIRE. Jciij

d’hui à Leyde. Prosper Alpin a donné une histoire naturelle de l’Égypte .L’Europe septentrionale, où se répandait la civilisation, ayant assezadouci ses mœurs pour qu’on pût la visiter, Herberstein et Possevin par-coururent la Moscovie et les pays du nord, et en firent les premiersconnaître les productions naturelles.

A celte époque si voisine encore de la découverte du Nouveau-Mondeet de celle de la roule des Indes orientales, la manie des colonisations s’é-tait emparée de tous les esprits. Elle ne tarda pas à gagner les Français .En 1555 , l’amiral Coligny favorisa l’émigration au Brésil de quelquesfamilles protestantes. Cet établissement, qui n’eut qu’une courte durée,produisit deux ouvrages d’histoire naturelle, ceux deThevet et de Jeande Léry .

Ici s’arrêtent les travaux zoologiques de ce siècle. Nous passerons ra-pidement en revue les botanistes qui sont plus nombreux, la phytologiedescriptive étant d’une observation beaucoup plus facile, parce que lesplantes peuvent être transportées dans des jardins où elles s’acclimatentet que leur dépouille se conserve sans autant d’altération.

L’Italie , qui avait produit les premiers anatomistes, eut la gloire defournir aussi les premiers botanistes. Leonicenus, Monardus et Brasa-vola, plus connu sous le nom d’Anlonius Musa, sont de simples com-mentateurs des auteurs anciens. Ce dernier posséda le premier, depuisThéophraste , un jardin botanique.

Matthiole, de Sienne (1550), célèbre commentateur de Dioscoride , apublié un nombre considérable de figures ombrées assez exactes ; maison n’avait pas encore songé à faire connaître les caractères botaniquesdes plantes; on ne les représentait que sous leur aspect général. Do-doens Rembert, professeur à Leyde, est encore un commentateur de Dios-coride . Buel, qui vivait au commencement du xvi e siècle, publia unecompilation des botanistes anciens, et il confondit souvent les plantesdécrites par ces auteurs avec celles qui croissent en France . Son traitéDe naturâ stirpium est l’un des plus volumineux ouvrages de botani-que publiés à celle époque.

L’Allemagne comptait alors plusieurs botanistes distingués : Brun-fels, auteur d’une iconographie végétale; Tragus, les deux Cordus etFuchs, qui joignirent à leurs commentaires sur les anciens des descrip-tions résultant de leurs observations, et accompagnèrent leurs ouvragesde figures au trait gravées avec beaucoup de soin.

L’exploration des Indes orientales par les Portugais donna naissance