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DISCOURS PRELIMINAIRE.
chimistes. Dépouillée de ses vieux préjugés, la scienee put alors mar-cher à grands pas. La méthode de Bacon , la seule capable de con-duire à la vérité, devint générale. On cessa de compter les écoles;il n’y en eut plus qu’une, celle de l’expérience. La France, l’Alle-magne , l’Angleterre oubliaient leurs rivalités quand il s’agissait descience; et il y avait, pour ainsi dire, solidarité entre tous lessavants de l’Europe . Malgré ses doctrines erronées, nous mettronsen tête des hommes qui imprimèrent un grand mouvement à la chimieStahl, le commentateur de Becher, le créateur d’une philosophie chi-mique, et de la théorie du phlogistique, vaste généralisation qui em-brassait la science entière. Par malheur pour les progrès de la chimie,Stahl, dont les ouvrages indiquent une grande sagacité, partit d’une basefausse en considérant les oxydes comme des corps simples et les mé-taux comme des corps composés. De là toutes ses erreurs. D’après sathéorie, les métaux sont formés de l’union du phlogistique avec les terreset les oxydes, et la combustion n’est autre chose que le dégagement duphlogistique ; il s’en dégage d’autant plus que le corps est plus inflam-mable. Le phénomène de l’oxydation n’était alors, suivant Stahl, quel’effet d’un métal qui se déphlogistiquait. Ce renversement de toutes lesidées rationnelles entrava les progrès de la science, en substituantune fausse explication à la théorie véritable, qui avait pour base lesfaits observés; et, pendant tout le xvm" siècle, la théorie du phlo-gistique compta de nombreux partisans. Le célèbre Boerhaave , deLeyde , marcha sur les pas de Stahl ; malgré ses erreurs, il contribuaà la création de la chimie philosophique. Ses expériences, quoiqueneuves et habilement conduites, restèrent presque sans résultat parsuite de ses fausses idées sur le calorique, sur la constitution de l’airatmosphérique et de son ignorance complète de la diversité des gaz.
Haies, inventeur d’appareils ingénieux, est faussement considérécomme le créateur de la chimie pneumatique ; car il ne connaissait pointla constitution des gaz, qu’il regardait comme de simples modificationsde l’air atmosphérique. Haies et Yenel n’avaient d’abord vu que de l’airdans les fluides élastiques dégagés par la distillation. Malgré cettelenteur dans la marche des études, les idées se rectifiaient peu à peu,et l’on était à la veille d’une réforme, dont les premiers essais sontdus à Black, l’illustre professeur d’Édimbourg , qui, loin de cher-cher à voiler la science sous une phraséologie ambitieuse, s’efforça,au contraire, de la populariser par la clarté de sa méthode d’expo-