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Tome premier.
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CXXXIII
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

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une mon prématurée ne l’eut enlevé aux sciences avant qu’il éûl puréaliser le projet de donner une anatomie et une physiologie com-plètes. On lui doit un excellent mémoire sur l’analogie qui existe entreles membres inférieurs et supérieurs chez l’homme et les animaux,de même qu’un travail complet sur l’anatomie du cerveau, sciencedont il peut être considéré comme le créateur; il fit aussi plusieursdécouvertes sur la structure des poissons et sur celle des oiseaux. Saclassification des mammifères, tout artificielle cl non fondée sur l’or-ganisation, n’est pas digne de lui.

Physiologie. — Nous avons vu qu’à la fin du xvn e siècle, les médecinsmathématiciens avaient cherché à appliquer le calcul à la physiologie ;mais cette école ne tarda pas à tomber dans le discrédit; car, tandisque Borelli portait à cent trente-cinq mille livres la puissance du cœur,Keill, professeur d’anatomie à Oxford, ne l’évaluait qu’à cinq onces. Acôté de ce calcul, qui atténue si singulièrement celui de Borelli, Keillestimait à cinq mille deux cent trente-trois pieds par minute la vitessedu sang dans l’aorte. Ces contradictions résultant de ce qu’il manquaitaux calculs des bases suffisantes, et de ce que les assertions devançaientl’expérience, causèrent la ruine de l’école ialro-mathémaiique.

Baglivi, sans appartenir positivement à cette école, s’en rapprochecependant en ce qu’il admet, comme une vérité absolue, l’action impul-sive des solides dans les phénomènes vitaux; ce qui donna lieu à unesecte médicale nommée solidiste. Il est tombé dans de graves erreursen faisant de la dure-mère un centre de mouvement antagoniste ducœur.

Boerhaave , un des plus célèbres médecins de cette époque, se rat-tacha encore à l’école mathématique et chercha à expliquer certainsphénomènes morbides par des actions mécaniques. Il avait peu disséquépar lui-même; mais il suivait, pour ses études personnelles, les travauxanatomiques de Iluysch. Cependant il adopta les opinions de Malpighi .Bernouilli, Michelolti, Haies, sont encore des iatro-mathématiciens ;mais moins célèbres.

Slahl, que nous avons vu en chimie créer le phlogistique, est l’auteurd’une théorie psychique qui a beaucoup occupé les physiologistes :il substitua aux esprits animaux de Descartes une àme présidant àla formation du corps et à tous les actes vitaux, et se servant commeagent de la tonicité qui en émane.