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Tome premier.
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CLVII
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DISCOURS PRELIMINAIRE.

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inonde. La révolution française portait dans son sein le y germe de laguerre, et bientôt toute l’Europe fut embrasée. Pendant près de vingt-cinqans, il y eut dans les sciences une perturbation violente. Le commerceentre les savants fut interrompu , les communications des peuplesperdirent tout caractère pacifique, les souverains n’eurent plus le loisirde s’occuper de science , et tous les esprits parurent agités du soufflerévolutionnaire, qui se mêlait même à la vie intime. Les savants étran-gers se trouvèrent d’abord dans une position plus favorable que lessavants français ; mais bientôt la science, plus puissante chez nousque tous les obstacles, anima de son esprit des hommes dignes d’elle.

Au milieu de la tourmente, à l’époque où l’Europe entière arméecontre nous semblait avoir concentré l’énergie nationale dans le senti-ment exclusif de la défense, les sciences trouvèrent encore des repré-sentants que n’effrayèrent ni le tumulte des armes, ni la vie des camps,ni les hasards d’une lutte acharnée. Nous voyons notre glorieuse expédi-tion d’Orient devenir une nouvelle occasion d’études. Des géographes,des astronomes, des naturalistes, se pressent à l’envi sur les pas de nosguerriers. Savigny, Geoffroy Saint-Hilaire , Cordier, Delille, dressentl’inventaire des richesses naturelles de l’Égypte . Des expéditions loin-taines ont lieu dans le même but : d’Entrecasleaux vole à la recherchede l’infortuné La Pérouse, et La Billardière rapporte de ce voyage desplantes et des animaux nouveaux; Baudin visite les Antilles , la Nouvelle-Hollande et l’archipel indien; et, grâce au zèle infatigable de Péron et deLesueur, ce voyage ne reste point stérile pour la science ; Bosc visitel’Amérique; Bernardin de Saint-Pierre, l’Ile-de-France ; Olivier, le Le-vant; Palisot de Beauvois , la Guinée et Saint-Domingue ; Poiteau etTurpin explorent aussi celte dernière colonie ; Desfontaines et Poirelparcourent la Barbarie ; Levaillant et Delalande, l’Afrique et le Cap ; LaBillardière, la Syrie; Michaux, Cayenne et l’Ile-de-France ; Sonnerat,Commerson etDombey enrichissent nos musées du fruit de leurs péniblesrecherches. Les étrangers ne nous le cèdent pas en activité : les Portu-gais Loureiro et Vellozo visitent, l’un la Cochinchine, l’autre le Brésil ;les Espagnols Ruiz et Pavon, le Chili et le Pérou ; Mocéran, le Mexique .Les Anglais , mettant à profit leur puissance, visitent leurs vastescolonies dans un intérêt scientifique ; Roxburgh parcourt l’Inde ;Masson, le Cap; Smith et Shaw, la Nouvelle-Hollande, si riche enanimaux inconnus.

Les résultats obtenus par les divers voyages antérieurs, l’accumula-