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Tome premier.
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CLXXVI
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

entre elles les lois isolées que nous connaissons. La plupart des chimistesdu commencement de ce siècle s’étaient occupés de la décomposition em-pirique des corps organisés, et, jusqu’en 1835, on avait suivi les mêmeserrements que les premiers observateurs. M. Raspail publia alors unenouvelle théorie de la chimie organique, dans laquelle il rectifia beau-coup d’erreurs, et qui fit faire un grand pas à celte science. M. Liebig apublié, l’année dernière, une chimie organique fondée sur un certainnombre de radicaux composes encore hypothétiques ; mais tous les sa-vants ont pris pour bases de la chimie organique les formules ration-nelles qui conduisent à la connaissance des radicaux composés, et ilsont joint, à la méthode ordinaire d’analyse, le microscope, qui fait con-naître la structure intime des corps.

Les travaux en chimie organique remontent, pour celle dernière pé-riode, à Fourcroy, qui étudia, avec une merveilleuse sagacité, les sub-stances organiques, isola la gélatine, l’albumine et l’urée, et associaà ses travaux le célèbre Vauquelin. En 1812, M. Boullay découvre lapicrotoxine ; Vauquelin et Parmentier font connaître leurs expériencessur le sucre de betterave ; M. Lecoq analyse l’orseille, et M. Robiquetle kermès. M. Berzelius fait connaître, en 1813, ses travaux sur lesfluides animaux; MM. Pelletier, Robiquet et Séguin font de nombreusesexpériences sur l’opium et le quinquina. En 1815, M. Chcvreul com-mence ses travaux sur les corps gras et découvre la stéarine, la mar-garine, l’oléine et les acides gras produits par la saponification, dontil explique la théorie, et il donne le nom de glycérine au corpsappelé par Schéele , principe doux des huiles; plus lard, il reconnaîten même temps trois acides volatils dans le beurre, un dans la graissede marsouin, etc. En 1817, M. Serluerner trouve dans l’opium l’alcalivégétal qu’il appelle morphine; en 1819, MM. Pelletier et Caventou réussissent à extraire de nouveaux alcalis végétaux de la noix vomiqueet du quinquina. Vauquelin, pendant sa longue carrière, fait d’im-portantes expériences sur les corps organiques, et une foule de com-binaisons nouvelles enrichissent la science. En 1820 , MM. Robiquetet Colin publient leurs observations sur la garance dont ils extraientl’alizarine ; M. Pelouze distingue pour la première fois les périodessuccessives dans l’action de la chaleur sur les corps organiques ; il dé-couvre les acides pyrogènes et établit les lois de leur production. De1820 à 1830, MM. Pelletier et Caventou , OErsted et Robiquet, décou-vrent de nouveaux alcalis végétaux, tels que la vératrine, la pipérine,