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Tome premier.
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CLXXVII
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

n.xxvij

la caféine, etc. En 1833, MM. Biot , Person et Payen font d’inléres-sanls travaux sur la dextrine et la diaslase. La science doit aussi àM. Dumas une foule d’observations et de découvertes importantes enchimie organique.

Malgré tous ces travaux, nous n’avons encore aucune idée de la ma*nière dont la nature opère ses diverses transformations. Nous connais-sons la vie, mais rien de plus, et nous ignorons comment, par suite dela divergence des espèces, il existe des végétaux ou des animauxqui, croissant et vivant dans des conditions semblables, présentent desdifférences tranchées dans leur nature, leur forme et leurs propriétés.Nous avons bien pu former artificiellement quelques produits semblablesà ceux de l’organisme, tels, par exemple, que l’urée, l’acide prussique,etc., qu’on peut produire en partant de leurs principes constituantsauxquels on fait subir diverses transformations successives ; mais lasynthèse de la chimie vivante nous est impossible : aussi cette science,qui touche aux plus hautes questions, est-elle encore dans un étal d’im-puissance qui appelle de nouveaux efforts.

Depuis un demi-siècle, la chimie a marché plus vite que toutes les au-tres sciences ensemble, sous le rapport de ses applications aux arts etaux besoins sociaux ; elle doit une partie de ces résultats aux guerresde la république et à la séquestration à laquelle nous avait réduits leblocus continental.

A l’époque où les armées républicaines se portaient aux frontièrespour repousser les coalisés, la poudre manquait, faute de salpêtre. LaConvention ordonna la démolition des vieux édifices, l’enlèvement desterres des caves et des écuries, et leur lixiviation en fournit d’énormesquantités. Les canons étaient rares, et les cloches des églises, de-venues inutiles par suite de l’abolition du culte, contenaient trop d’éiainpour être employées à la fabrication des pièces d’artillerie : on décou-vrit des procédés propres à séparer l’étain du cuivre , et nos parcs seremontèrent. La plupart de nos soldats n’avaient pas de chaussures, etl’ancien procédé exigeait plus d’une année pour la préparation ducuir, Séguin trouva le moyen de le tanner en un mois.

Plus tard, lorsque la marine anglaise nous eut fermé le chemin denos colonies, on vint à manquer de sucre, substance devenue de premièrenécessité. Parmentier fit de nombreux essais pour obtenir du sucre defruits; Proust obtint le sucre de raisins ; et le sucre de betterave, décou-vert par Marcgraf, fut bientôt fabriqué. On perfectionna les procédés de