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Tome premier.
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CLXXXIV
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CI.XXXIV

DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

Desmoulins, Prichard, Alcide d’Orbigny, d’Omalius d’Iïalloy, Knor,Roussel, Gruithuisen, elc.

Anatomie philosophique. — Porté naturellement à la généralisa-tion, notre siècle a vu naître une science belle, attrayante, heureux ré-sultat de l’union de l’étude des faits et de la philosophie ; nous voulonsparler de l’anatomie et de la zoologie philosophiques, dont les éléments,entrevus de siècle en siècle par divers naturalistes, n’ont été réuniseu corps de doctrine que dans le nôtre. Aristote avait vaguementpressenti l’unité de composition organique; en 1555 , Belon comparal’homme à l’oiseau; en 1704, Newton, frappé de l’uniformité des loisqui régissent les masses du système planétaire, avait pensé que lemême mode d’uniformité devait régner chez les animaux; en 1756,Buffon formula, le premier, avec netteté, le principe de l’unité decomposition ; Ilerder, le grand philosophe, était persuadé que, danstous les êtres, il domine une conformité d’organisation qui, formantun type exemplaire , se modifie à l’infini. En 1786, Vicq-d’Azyr pro-clama la même loi, et reconnut dans la nature un modèle primitif etgénéral qu’on retrouve partout. Camper, un morceau de craie à la main,métamorphosait un chien en cheval, un cheval en homme, elc. ; maisle grand développement de cette idée est dû, en zoologie, à M. GeoffroySainl-IIilaire, et, en botanique, à Goethe .

M. Geoffroy Saint-Hilaire , collaborateur de G. Cuvier, avait publiéavec lui la classification des mammifères. Frappé, dans le cours de cetravail, de l’arbitraire qui régnait dans la division des groupes, il aban-donna, dès lors, toutes les études de nomenclature pour se livrer à cellesdu rapport des êtres entre eux. Une fois dans cette route, il repassa dansson esprit ses impressions antérieures;il fit des observations nouvelles,et vit que des animaux, considérés comme différents, ne se distinguentque par des modifications dans la forme, la proportion, la disposition,et, d’une manière générale, dans le degré de développement de partiesqui, au fond, restent les mêmes. Ainsi ont lieu des variations infiniesdans l’arrangement, et par conséquent dans le jeu des organes, sansque les rapports essentiels soient changés ; de là l’idée de l’unité decomposition dans les êtres organisés. Partant de ce principe, il reconnutque les os élémentaires des membres antérieurs se retrouvent dans lesnageoires pectorales des poissons, que la tête des vertébrés est forméechez tous de parties analogues, et que, chez les poissons, l’opercule