DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
cr.xxv
de l’ouïe n’est que la série des osselets de cet organe, poussés au dehorspour servir à d’autres usages. Une découverte fort remarquable, et qu’ilavait en partie prévue depuis longtemps, est celle qu’il fit, en 1821 , d’unvéritable système dentaire chez les jeunes oiseaux. Par suite d’étudesfaites dans une direction semblable, il fut constaté que, dans toutes lesclasses des vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles ou poissons), il y aun type de formation primitive pour les membres antérieurs : ainsi, chezles mammifères terrestres, ce sont des organes de préhension ou de lo-comotion ; ensevelis dans l’intérieur des chairs, comme chez les mam-mifères aquatiques, il n’en sort que la main pour fendre l’eau ; chez lesoiseaux, ce sont des leviers destinés à frapper l’air ; chez les poissons,des nageoires ayant pour fonction de faciliter les mouvements de pro-gression. Cette identité est si rigoureuse, que, chez les mammifères,dont le pied est enveloppé d’une corne, on reconnaît les os du méta-tarse et ceux des doigts réunis dans le sabot. Il en est de même dela colonne vertébrale qu’on retrouve toujours, avec des modificationscorrélatives, suivant les différentes classes d’animaux et la diversitéde leurs conditions d’existence, et dont le développement résulte dela prépondérance plus ou moins grande du système sanguin ou dusystème cérébro-spinal.
La même loi s’applique encore aux articulés : l’insecte, le crustacé,vivent au dedans de leur colonne vertébrale, dont les pièces différentessont représentées par leurs divers anneaux. Nous trouvons dans les tor-tues, parmi les vertébrés, un exemple de celte singularité de structure ;et l’on peut comparer les segments articulés du homard et de la sco-lopendre à une série de vertèbres constituant une colonne vertébrale,dont les pattes figurent les côtes; mais, pour continuer l’analogie et latrouver jusque dans les organes intérieurs, il faut renverser ces animauxsur le dos, si l’on veut placer dans le même ordre les systèmes nerveuxcl sanguin; car, chez eux, le système viscéral est eu dessus, et c’est sousle ventre que setrouventles ganglions qui remplacent lamoelle épinièreet le cerveau. Chez eux comme chez les vertébrés, ces ganglions don-nent naissance aux nerfs sensitifs; et, ce qui rend plus frappante l’idéed’unité de plan, c’est que les vertébrés, encore dans l’œuf, sont fixéspar le ventre au vitellus, tandis que les insectes le sont par le dos.
Après cette grande découverte de l’unité de plan du système osseuxvient, comme complément indispensable, celle du balancement desorganes, cause inépuisable de diversité dans les êtres. Parmi tant de