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Tome premier.
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CLXXXVIII
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DISCOURS l'RÉLIMINAIRE.

Cl.XXXViij

«os idées positives. La marche de l’anatomie philosophique française esttoute différente : elle déduit plus froidement, et remonte des faits à lagénéralisation, au lieu de prendre l’inconnu pour point de départ.

Cette grande et puissante création, à laquelle il ne reste qu’à sedévelopper par l’observation , n’a pas trouvé partout des partisans ; eneffet, elle a encore à répondre à des objections puissantes. G. Cuvierse montra l’un de ses antagonistes les plus sévères ; il admettait queles êtres organisés, loin de former une ligne continue, sans interrup-tions , en forment plusieurs marchant parallèlement ; qu’alors un seulplan ne suffit plus, et qu’il en faut plusieurs, puisqu’il y a plusieursgradations parallèles. Il disait que les zoologistes philosophes cher-chaient en vain l’unité dans les organes ; qu’elle réside dans les fonc-tions générales et essentielles, qui sont les conditions absolues del’animalité. La divergence qui sépare les deux écoles existe encore, etce n’est pas à nous de décider la question : nous dirons seulement del’anatomie philosophique que si, comme les théories générales, elle aprocédé d’une manière peut-être trop absolue, elle renferme assez devérités pour qu’on ne puisse la repousser sans examen.

Physiologie .— Nous avons vu, dans les siècles précédents, la physio-logie soumise aux hypothèses des sectes chimiques et mécaniques, ou al-lant puiser, dans des théories plus ou moins spécieuses, l’explication desphénomènes de la vie. Les progrès des sciences ne lui ont pas en-core, il est vrai, permis d’asseoir ses explications sur des démonstra-tions toujours rigoureuses; mais elle a cessé d’être l’esclave des systèmesdominants en philosophie et dans les sciences physiques, et elle do-mine toutes celles qui ont pour but la connaissance de l’être et de sesfonctions : aussi la métaphysique et la philosophie transcendante, qui s’é-puisent en vains efforts pour trouver, dans des hypothèses, l’explicationdes faits de l’ordre le plus élevé, sont-elles obligées de venir demander àla physiologie les lumières qui leur manquent. Cette science intéressedonc profondément tous ceux qui voient dans l’élude de la nature l’u-nique base de la certitude humaine; et la société civile elle-même peuten attendre des modifications importantes dans sa constitution orga-nique.

A la tête des hommes du siècle qui ont rendu le plus de services àla physiologie, se place naturellement Biehat. Observateur judicieux,sachant tirer des inductions profondes de simples rapprochements ou