DISCOURS RRKL.IM 1N AIR K.
Cl.XXXVlj
M. de Blaiiivilie posa les bases d’une morphologie rationnelle des ani-' maux supérieurs ; M. Serres contribua aux progrès de cette sciencej par ses ouvrages sur les Lois de Vostéogénie, et sur l’ Anatomie compa-| rative du cerveau dans les quatre classes d’animaux vertébrés. Le
! point de vue de M. Serres est le développement centripète de l’or-ganisme, d’après lequel on voit tout tendre de la circonférence aucentre. Partant de celte base, l’auteur poursuit, à travers la modi-fication infinie des formes, la concordance des parties analogues ; maisl’Allemagne , dont les esprits sont si propres aux spéculations, afourni les conceptions les plus hardies. En 1821 , M. Oken publia,sous le titre de Système d’anatomie , de physiologie et d’histoire na-turelle, un exposé de ses vues d’unité, dans lequel la nature entièreest l’objet de ses méditations. Il prend pour point de départ les quatreéléments des anciens, l’air, le feu, l’eau et la terre, dont il expliquetoutefois la nature ; il trouve quatre classes correspondantes pour lerègne minéral, trois pour le règne végétal , quatre pour le règneanimal. Dans les animaux, les parties organiques élémentaires sont lesintestins, les veines, les trachées ou poumons, et les organes de la viede relation, qui sont eux-mêmes des répétitions des éléments typiques,et passent à travers cette répétition de parties organiques. Il montreensuite, comme conséquence de ce principe, que le règne animal s’estdéveloppé dans le même ordre que les organes dans le corps des ani-maux. Ce sont, d’après lui, ces organes qui caractérisent les classes,et il y a autant de classes d’animaux qu’il y a d’organes ; en conséquenceses trois grandes divisions sont : les animaux à viscères qui forment lesinvertébrés ; les animaux à chair ou les poissons, les reptiles et les oi-! seaux; enfin les animaux à sens ou les mammifères. Ces mêmes caractères‘ se retrouvent dans les différentes classes. Ce système, dont les idées■ paraissent étranges au premier abord, est d’une grande profondeurphilosophique.
{ M. Carus prend l’œuf ou la sphère creuse, figure des êtres les plus élé-• mentaires, comme la base de tout le développement de l’organisme.
D’après ses idées, la partie molle de la sphère tend à conserver sa
; forme, tandis que la partie solide ou l’axe, susceptible de déplace-
ment, tend à produire des figures terminées par des lignes droites quimodifient la forme de la sphère.
M. Spix a suivi une voie semblable, c’est-à-dire qu’il s’est lancé dansle champ des abstractions; aussi son système est-il peu en harmonie avec