DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
cxciij
de tous les naturalistes. Ce grand et beau travail remplit toutes lesconditions d’une méthode naturelle, quelle que soit la disposition desgroupes intermédiaires; mais il a déjà subi d’inévitables perfectionne-ments, par suite des progrès qu’ont amenés des éludes de plus en plusprofondes sur les êtres des diverses classes. En 1797, Cuvier publiason tableau élémentaire de l’histoire naturelle des animaux; il présenta,en 1817 et en 1830, dans la 2 e édition du Règne animal, ouvrageaussi capital dans la science que le System a naturœ de Linné, uneclassification complète de tous les animaux, fondée sur leur organi-sation, d’après le principe des affinités naturelles.
Le système de Cuvier est fondé sur l’ordre descendant, c’est-à-direqu’on y trouve le type le plus complexe au sommet et le plus simple àla base; il a été adopté par la plupart des naturalistes, comme le mieuxapproprié aux besoins de l’élude, en ce qu’il va du connu à l’inconnu.Cependant tous les zoologistes n’ont pas accepté ce système ; ils ont faitdes efforts constants pour arriver à une classification plus parfaite etplus philosophique encore; et, si leurs tentatives n’ont pas toujours étéaccompagnées de succès, du moins ont-elles contribué au progrès dela science, en variant les points de vue. Lamarck, porté par sa nature àl’abstraction, a adopté l’ordre inverse de Cuvier ; il a établi un systèmegénéral de classification des animaux, en suivant l’ordre ascendant,comme celui qui répondait le mieux à la théorie de la génération suc-cessive des cires.
Toutefois, ce renversement de l’ordre de classification générale n’a pasexercé une bien grande influence sur les divisions des groupes fonda-mentaux, et la méthode naturelle a triomphé de toutes les tentativesfaites en dehors de ses principes. Différentes modifications y ontété apportées par plusieurs auteurs, sans l’altérer profondément ; maisM. de Blainville est venu, avec l’autorité de son profond savoir, pro-poser de nouvelles bases de classification, en opposition avec celles deCuvier . Selon cet auteur, le règne animal doit être partagé en troisgroupes primordiaux seulement, fondés sur les formes générales desanimaux et sur leur relation avec la disposition du système nerveux.Plusieurs des hommes éminents dans la science inclinent vers l’opinionde M. de Blainville, et quoique son système n’ait pas obtenu une adhésiongénérale, la plupart des naturalistes flottent entre les deux systèmesqui se disputent la prééminence.
Il est une autre manière d’envisager la connexion des êtres vivants :