6
ABE
ABE
vcment par la 2' paire de pattes dans lacorbeille, jusqu’à ce que celle-ci en soitbien garnie. C’est aussi le même appareilqui sert à la récolte d’une autre substancerésineuse, odorante, nommée propolis, queles Abeilles emploient principalement pourclore leur demeure. Le tarse, outre la piècecarrée, est encore formé par i autres arti-cles beaucoup moins développés, et se ter-mine par 2 crochets bidentés que sépareune pelote charnue.
Tels sont les caractères extérieurs les plussaillants des 3 sortes d’Abeilles qu’on ren-contre dans une ruche. Jetons maintenantun coup d’œil sur les organes de ccs insec-tes, dont les fonctions se lient davantageaux merveilleux phénomènes que présenteleur industrie.
Le système nerveux des Abeilles se com-pose, suivant Swammerdam , d’un cerveauformé de 8 parties rangées par paires, etd’une portion moyenne qui est l’origine dela moelle épinière. La moelle épinière pré-sente 7 ganglions. I)u cerveau et des gan-glions naissent les principaux nerfs qui sedistribuent aux divers organes.
Huber a tenté sur les organes des sensquelques expériences qui lui ont fait penserque la cavité de la bouche était le siège del’odorat, et les antennes celui du loucher.Il n’a pu reconnaître l’organe de l’ouïe, etcependant tout porte à croire que les Abeil-les entendent, à moins de n’admettre au-cun but dans les sons qu’elles produisent.Cette sorte de voix n’est autre chose qu’unbourdonnement très nuancé ; tantôt c’est laReine seule qui le fait entendre, et alorselle prend une attitude particulière quifrappe les Abeilles d'immobilité ; tantôt cesont les jeunes Reines qui, retenues captivesdans les cellules, produisent un son trèssingulier; d’autres fois, c’est un bruit gé-néral qui a lieu, dans certaines circon-stances, à l’intérieur de la ruche; souventenfin, c’est le bourdonnement d’une ou deplusieurs ouvrières, qui font part d’un dan-ger. Quoi qu’il en soit, cette faculté, chez cesanimaux, est toujours en rapport avec leurinstinct; car le bruit du tonnerre, d’unearme à feu, et même la vibration de diverscorps métalliques, ne paraissent pas les af-fecter.
Un sens, sur le siège duquel il n’est plus
permis d’élever aucun doute, est celui de lavue. On sait que les Abeilles aperçoivent detrès loin leur habitation, qu’elles distin-guent leur ruche entre toutes les autres, etqu’elles y arrivent en ligne droite et avec ra-pidité.
Le siège de l’organe du goût, placé parSwammerdam dans la trompe, n’est pas, àbeaucoup prés, aussi bien déterminé quecelui de la vue. On se rend même difficile-ment raison de l’existence d’un tel sens,lorsque , jugeant d’après ses propres sensa-tions , on considère que l’abeille, pour sedésaltérer, préfère une eau croupie à uneeau limpide, et qu’elle se nourrit indistinc-tement du suc d’un grand nombre de plantesayant des propriétés très différentes : de làaussi les nombreuses variétés de miel quel’on observe dans des ruches placées les unesauprès des autres. Les Abeilles, en effet, senourrissent de liquides végétaux, et princi-palement de liqueurs sucrées; c’est du nec-taire des plantes qu’elles retirent, au moyendé leur trompe, un suc qui sera bientôtconverti en miel.
La trompe n’estpas exclusivement formée,comme celles des Papillons, par le prolonge-ment des mâchoires, mais surtout par celuide la lèvre inférieure. Au reste, la boucheest formée des mêmes parties que celle desautres Insectes. On y trouve : une lèvre su-périeure , une paire de mandibules biden-tées à leur sommet dans les mâles et dansles femelles, mais qui, chez les ouvrières,ont une terminaison très différente; en ef-fet , celles-ci les ont tranchantes par leurbord et creusées intérieurement d’une fos-sette divisée en 2 portions par une arêtelongitudinale. Les mandibuies viennent-elles à se rapprocher, l’une de ces portions ,l’antérieure , s’applique exactement contrecelle qui correspond à la mandibule oppo-sée, et forme avec elle une pince tranchante.Au contraire, l’autre portion ou postérieure,ne se rapprochant pas également bien decelle qui lui fait face, constitue une sorted’intervalle ou de gouttière.
C’est au moyen de cette conformation deleurs mandibules, que les ouvrières con-struisent avec tant d’art les cellules qui gar-nissent l’intérieur d’une ruche. Nous re-viendrons plus loin sur la manière dontelles mettent en jeu ees instruments. Les