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hcr, qui confirma cette importante décou-verte en l’étayant de nouvelles preuves.
Non content d’avoir connu dans tous sesdétails cet appareil singulier, des expériencesingénieuses lui apprirent que les Abeilles,nourries uniquement de pollen, ne sécré-taient jamais de cire , et que celles , aucontraire, auxquelles on donnait une li-queur sucrée , en fournissaient en grandeabondance. Une preuve d’un autre genrevint à l’appui des observations de Huber: ilvit que l’ouvrière qui rentrait à la ruchel'estomac plein de miel et avec l’intentionde construire, se gardait bien de dégorgerle produit de sa récolte dans les magasins,comme si elle n’ignorait pas qu’en agissantautrement elle ne pourrait produire desmatériaux de construction.
C’est avec cette cire, dont l’origine n’estplus maintenant douteuse, que les ouvriè-res bâtissent les cellules , dont le princi-pal usage est de contenir les œufs ponduspar la femelle , quelque temps après sonaccouplement avec le mâle. Les mâles,dont nous avons déjà fait connaître les ca-ractères extérieurs , se distinguent princi-palement des femelles par leurs organesgénitaux. Swammcrdam , Réaumur et Hu-ber les ont étudiés avec beaucoup de soin.Les organes femelles se composent de deuxovaires subdivisés en plusieurs oviductes etréunis en un canal commun ; ils contien-nent un nombre prodigieux d’œufs. Unefemelle, qui en avait déjà pondu plus de28,000, offrit à Réaumur son abdomen en-core plein de plusieurs milliers d’autres. Aces organes se joignent un sac sphérique etdeux vaisseaux aveugles s’ouvrant dans lecanal commun des oviductes, et que Sxvam-merdam suppose renfermer une liqueur vis-queuse propre à enduire les œufs. Huber11 e partage pas cette opinion, et quelquesrecherches que j’ai faites sur cet organe , neme permettent pas non plus de lui attribuercet usage.
Il suffit d’avoir jeté un coup d’œil sur lesorganes mâles et femelles pour penser quede tels appareils sont faits dans un but déter-miné. Sxvammerdam et Réaumur n’ont puêtre spectateurs de la jonction des sexes ;mais Huber, plus heureux sans doute, recon-nut que cette union avait toujours lieu horsde la ruche; il en eut des preuves certaines,
quand, ayant tenu captives des femelles ,soit isolées, soit avec des mâles, elles res-tèrent toujours stériles ; quand , au con-traire, leur ayant laissé toute liberté, ellesprirent leur essor, s’envolèrent au loin etrevinrent fécondées ; quand, enfin, il re-trouva, dans la vulve des mêmes femelles,l’organe copulateur du mâle, qui y adhéraitencore.
Si les mâles sont inutiles à la ruche,parce que, n’étant pas pourvus des instru-ments de travail, ils ne récoltent ni miel,ni pollen, et se nourrissent au contraire desprovisions amassées par les ouvrières : si,dis-je, ils sont inutiles sous ce rapport, ilsne le sont pas sous celui de la propagationde l’espèce. Aussi voit-on les ouvrières, àune certaine époque, donner un soin parti-culier à leurs larves. Je dis a une certaineépoque; car il arrive un autre moment oùelles percent de leur aiguillon tous les mâleset détruisent même ceux qui étaient près d’é-clore. C’est ordinairement dans les mois dejuin, de juillet et d’août que se fait au fondde la ruche ce grand carnage. Après cetteépoque, on ne trouve plus de mâles dans lesruches, et ce n’est qu’en avril et en mai sui-vants que, de nouveaux œufs ayant été pon-dus , on en voit reparaître, d’abord en petitnombre, et ensuite en grande quantité. Ilséclosent dans les ruches avant les Reines :celles-ci sont aussi impropres que les mâlesà toute espèce de travail ; leur seule fonc-tion est de perpétuer l’espèce ; aussi ne res-tent-elles que très peu de temps dans l’étatde virginité. Cet état peut être prolongépar certaines circonstances; mais ordinaire-ment, cinq ou six jours après leur naissance,etunjour après qu’elles se sont établies dansune nouvelle demeure, à la tête d’une colo-nie (ce qui a lieu vers le mois de mai, juinet juillet), on les voir sortir pour aller à larecherche d’un mâle. Elles reviennent à laruche ordinairement fécondées, et la pertede leur virginité n’est pas équivoque. Ellesreçoivent alors , de la part des ouvrières,des hommages et des soins empressés qu’onne leur avait pas encore rendus. C’est géné-ralement 46 heures après l’acte de la copu-lation que la ponte a lieu ; elle se continuejusqu’au printemps suivant, sans que la fe-melle ait été fécondée de nouveau ; car nousavons dit qu’à dater du mois d’août on ne