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Tome premier.
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sions assez fortes ou de succions réitérées.Ce n'est encore qu’une sorte de sérositétransparente, incolore et dénuée.de consis-tance ; mais, immédiatement après le part,cette sérosité s’opacifie rapidement, s’épais-sit un peu, et se colore en blanc ou plutôten blanc bleuâtre (colostrum). Plus tard en-fin , ce nouveau produit se modifie à sontour, et acquiert définitivement les proprié-tés nutritives que réclame sa véritable des-tination (lait). — Une chose digne de remar-que, est l’art merveilleux avec lequel, dansces diverses transformations, la nature sesubvient à elle-même. Le premier liquide,en elTel, prépare et lubrifie les voies d’écou-lement; et, si le colostrum n’est point encoreune véritable substance alimentaire, la lé-gère action purgative dont il est doué apour objet d’expulser de l’intestin du nou-veau-né, le méconium , dont le lait propre-ment dit ne l’eût point débarrassé. Ajoutonsenfin , que, pour s’approprier aux besoinscroissants et à la puissance digestive du nou-vel être dont il fait l’unique aliment, ce laitlui-même, au fur et à mesure qu’on s’éloi-gnera de l’époque du part, va devenir deplus en plus nourrissant, c’est-à-dire de plusen plus riche en matière butyreuse et en ca-séum .—Ne pourrait-on pas déduire de ce faitd’observation vulgaire (puisque nos paysansle constatent journellement sur le lait deleurs chèvres et de leurs vaches), que nousfaisons de véritables contre-sens en hy-giène, lorsque nous confions nos enfantsnouveaux-nés à des nourrices qui souventallaitent déjà depuis un an et plus?

Très variable suivant les espèces, la duréede l’allaitement est ordinairement en rap-port avec celle de la gestation, de la crois-sance et de la vie totale de l’individu ; mais,quel que soit le temps qu’elle se prolonge,cette fonction établit toujours dans l’orga-nisme une sorte de dérivation, qui neutra-lise l’action physiologique de certains viscè-res , et s’oppose à l’accomplissement de plu-sieurs autres fonctions. C’est ainsi que lephénomène de la menstruation est suspenduchez les femmes qui allaitent, tandis que lesfemelles des animaux, placées dans la mêmeconjoncture, échappent à la périodicité deces sortes de congestions utérines, dé-terminant chez elles, en d’autre temps, lapropension instinctive au coït, qu’on a dé-

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signée sous le nom de rut. — Si pourtant, enraison de quelque circonstance particulière .une conception intempestive survient chezla femelle qui allaite, ce nouveau travail del’utérus trouble celui des mamelles, et lelait, en même temps qu’il s’appauvrit et s’al-tère dans sa composition chimique, diminuerapidement en quantité, si même il ne cessecomplètement de se reproduire. Les moin-dres connaissances en physiologie suffisentpour expliquer comment, dans l’espèce hu-maine, des travaux forcés , une maladie ac-cidentelle ou quelque affection morale a lafois vive et prolongée, sont susceptibles dedonner lieu au même résultat.

Suivant leur conformation et la position deleurs mamelles, les diversesesp. demammifè-res ont une manière différente de procéder àl’allaitement de leurs petits ; ainsi, les Sin-ges , comme la femme, se servent de leursmembres antérieurs pour élever leurs petitsà la hauteur de leurs mamèlles, qui ont leursiège à la poitrine, tandis que d’autres ani-maux s’accroupissent simplement sur lesleurs, pour leur donner à téter. Enfin, il estd’autres espèces ( tous les g. de Ruminants ,par exemple) chez lesquelles, le petit naîtavec assez de forces pour se tenir tout d’a-bord sur ses membres, et vient de lui-mêmesaisir le mamelon. — On trouvera à l’articleMarsupiaux les particularités relatives àl’allaitement des Animuux à bourse. Quantà l’allaitement des Cétacés qui fut, pendantces dernières années, un des points les pluscontroversés de l’histoire naturelle, nousnous abstenons d’émettre notre opinion dansune question que nous ne regardons pointcomme jugée, et qui, pour recevoir une so-lution définitive, nous paraît exiger de nou-velles observations. Tout ce que l’on sait depositif là-dessus, c’est que ces animauxsont réellement pourvus d’une glande mam-maire ; que cette glande est située au devantde l’anus ; que, de plus, enfin, elle est mu-nie d’un muscle particulier qui, en se con-tractant, aurait pour objet d’en déterminerla compression, et par suite, l’écoulementdu lait ; sorte de disposition que présen-tent d’ailleurs plusieurs autres animaux ,chez lesquels l’absence de lèvres rend lasuccion impossible. V. Cétacés. (A. Teste.)

ALLAM WDA, Schreb. , L.; Orelia, Aubl.(Allamand, professeur d’hist. nat. à Leyde ).

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