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dans l’alcool, et les envoya à M. de Férus-sac; mais ce naturaliste n’utilisa guère, pourle moment, ces utiles matériaux anatomiques,car il prétend, dans un article que nousavons déjà cité, que les animaux des Ampul-laires se rapprochent de ceux des Nérites.M. Caillaud, ayant conservé des relations a-vec le pays qu’il avait si utilement parcou-ru, pria, lorsqu’il fut définitivement de re-tour en France , qu’on lui envoyât les diversmollusques d’une île: et la personne qui sechargea de ce soin, après une pèche assezabondante, mit sans précaution tous les ani-*■ maux qu’elle avait recueillis dans une caissequi fut remplie de sciure de bois. Cette cais-se, confiée à un bâtiment de commerce, res-ta plus de quatre mois en route ; et lorsqueM. Caillaud la reçut, il la trouva infectéepar la pourriture de la plupart des animaux,qu’on n’avait pas eu la précaution de retirerde leurs coquilles. Aussi M. Caillaud s’ein-pressa-t-ii de jeter dans un baquet d’eautous les objets que renfermait cettecaisse, afin de pouvoir les nettoyer; maisil ne fut pas peu surpris, lorsque, en examinantle lendemain matin le contenu du baquet,il y vit presque toutes les Ampullaires mar-chant et ayant l’apparence de la force et dela santé. Ce naturaliste, plein de zèle, s’em-pressa de nous apporter plusieurs Ampul-laires vivantes, et nous pûmes les observerpendant long-temps. Ces animaux sont loinde ressembler aux Hérites, comme l’a sup-posé M. deFérussac; ils ne ressemblent pasnon plus aux Phasianelles, comme l’a suppo-sé Cuvier ; ils ont, au contraire, la plus gran-de analogie avec les Paludines , et cepen-dant ils en diffèrent d’une manière asseznotable pour constituer avec elles un bon g.dans la même famille. Ce que nous venonsde rapporter sur ces Ampullaires, qui 01Uvécu si long-temps hors de l'élément quileur est nécessaire, devait exciter l’attentiondes naturalistes et leur faire rechercher l’ex-plication naturelle d’un phénomène, en ap-parence si extraordinaire. On sait que tousles Pectinibranches aquatiques périssent trèsvite lorsqu’ils sont hors de l’eau, et l’excep-tion à cette règle générale, que présententles Ampullaires, devait faire supposer dansleur organisation quelque particularité quin’existe pas dans les autres mollusques dumême ordre. Quelques personnes sc hâtèrent
de supposer que très probablement les Am-pullaires avaient à la fois deux organes de larespiration, l’un aérien et l’autre aquatique.Nous apprîmes par plusieurs voyageurs queles Ampullaires habitent quelquefois en trèsgrande quantité des étangs ou des marais,produits chaque année par les pluiesabondantes qui tombent en automne dansles pays chauds. Pendant l’été, ces maraissont desséchés, et à peine y trouve-t-onquelques traces d’humidité. Les Ampullaires,ainsi que d’autres Mollusques acéphalés,s’enfoncent assez profondément dans la vase,et passent ainsi, sans périr, toute la saison dela chaleur. Il est évident que la nature apréparé ces animaux à vivre sans eau pen-dant un temps assez considérable. Nous cher-châmes, sur les individus mis en notre pos-session par M. Caillaud, s’il existait dans lesorganes de la respiration une modificationquelconque qui rendît compte du phénomè-ne dont nous parlons. Nos soins furent inuti-les à cet égard, car nous trouvâmes dans lacavité cervicale un peigne branchial assezconsidérable, la glande muqueuse qui l’ac-compagne, et rien qui annonçât, dans la dis-tribution des vaisseaux, que les parois de cet-te cavité dussent remplacer la Franchie et enremplir les fonctions. Ainsi les Ampullairessont de véritables Pectinibranches, dont l’or-ganisation ne diffère pas sensiblement, à l’é-gard des organes de la respiration, des Palu-dines et autres g. voisins. Mais, en exami-nant la paroi supérieure de la cavité bran-chiale, nous avons vu qu’elle est formée dedeux parois réunies en avant, et formant ungrand sac ouvert tout à fait en arrière, im-médiatement au dessus de la base de la bran-chie. Nous nous aperçûmes que cette pocheétait toujours remplie d’eau, lorsque l’animals’enfermait dans sa coquille au moyen de sonopercule; nous nous aperçûmes égalementque cet opercule ferme l’ouverture dans unételle perfection, que rien ne peut s’échapperde l’intérieur sans que l’animal le veuille.
Toutes ces observations nous ont permisd’expliquer d’une manière naturelle cettepropriété dont jouissent les Ampullaires devivre long-temps sans eau. Il leur suffit eneffet de conserver pleine de liquide ambiantleur poche cervicale pour en verser le conte-nu sur la branchie, à mesure du besoin, etl’on conçoit que cette eau préserve aussi l’a-