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le système nerveux est, en un mot, com-parable à celui d’un Insecte ou d’unCrustacé, peuvent sembler, au premier as-pect, condamnés à une mort immédiate.L’impossibilité qu’ils prolongent leur vie,même pendant quelques instants, a paruévidente à la plupart des anciens phy-siologistes ; mais, à leur grand étonne-ment, ils ont dû reconnaître que lesAnencéplialienspeuvent vivre des minutes,des heures, des jours même. Sans nous ar-rêter à quelques autres exemples moinsremarquables, Fauvel a vu la vie se prolon-ger 2 heures ; Jean-Jacques Sue, 7 ; Mala-crane, I2;Méry, 21 ; et ce n’est pas encorele cas le plus remarquable : un Anencépha-lien né en 1812 it l’Hôtel-Dieu de Paris , etauquel les soins les plus éclairés lurent don-nés sous la direction de M. Serres, vécuttrois jours, et fut nourri avec du lait et del’eau sucrée, aucune nourrice n’ayant voulului donner le sein. Il est à remarquer quece dernier Anencéplialien appartient au gen-re qui offre au plus haut degré et le pluscomplètement les déformations qui caracté-risent cette famille : la moelle épinière n’é-tait pas seulement incomplète, mais nulle.Ce n’est pas ici le lieu d’insister sur l’intérêt(lue ces faits peuvent offrir pour la physiolo-gie : nous devons nous borner à les rapporter ;leurs conséquences trouvent place ailleurs.
Les monstruosités anencéphaliquessontdutrès petit nombre de celles sur les causesdesquelles, grâce aux travaux de M. GeoffroySaint-Hilaire, quelque lumière commenceà se répandre. Elles paraissent dépendre,au moins le plus souvent, de vives impres-sions morales éprouvées par la mère durantles premiers mois de sa grossesse. Ainsi unAnencéphalien dont l’observation a été re-cueillie par les docteurs Arlaud et Rouxétait né d’une jeune femme à laquelle sonbeau-père avait causé plusieurs fois de vivesfrayeurs en lançant à l’improviste sur elleou sur son lit d’énormes crapauds, afin,disait-il, de la guérir de l’aversion et du dé-goût instinctif que lui inspiraient ces ani-maux. La mère d’un autre Anencéphalienplus anciennement décrit par les illustresValsalva et Morgagni avait eu, pendant sagrossesse, des chagrins dont la cause n’estpas indiquée, mais qui lui faisaient fréquem-ment verser d’abondantes larmes. Celle
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d’un Anencéphalien né en 1824 h la Mater-nité avait été effrayée par deux de ses com-pagnes, qui s’étaient précipitées sur elle brus-quement et avec bruit, au moment où ellepassait sans lumière d’une chambre dansune autre. Enfin un autre Anencéphalien ,décrit ainsi que le précédent par M. Geoff'roySaint-Hilaire, était né d’une pauvre femmequi, devenue enceinte par suite de relationssecrètes avec un juif, était sans cesse obsé-dée de terreurs religieuses ; des fantômes,des démons, des êtres fantastiques et hideux,s’agitaient chaque nuit devant elle, et la pri-vaient de tout repos.
Les diverses remarques que nous venonsde présenter sont également applicables auxdeux genres, très intimement unis, maistrès distincts, qui composent cette famille.Dans l’état présent de la science, et scionles vues de M. Geoffroy Saint-IIilaire, confir-mées et développées par les travaux de di-vers auteurs, ces deux genres sont nomméset caractérisés de la manière suivante :
1. —DÉUENCEPHALE. üerencepkalus,Gcoff. S.-II. ( cfEijj ou col, et l-p.i-
os, cerveau).—Dans ce g., le canal rachi-dien n’est ouvert et la moelle épinière nemanque que dans la région supérieure, par-exemple dans la région cervicale et le com-mencement de la région dorsale, ou biendans la région cervicale seulement. C’est ceque rappelle le nom de ce genre, nom quidoit être considéré comme une contractionde üéranencéphale. Ce genre ne renfermequ’un petit nombre de cas, dont les mieuxconnus ont été recueillis et publiés par ledocteur Vincent Portai.
2. — ANEKCÉPHALE. Anencephalus ,Geoff. S.-1I. ( ê priv. ; v eupli. ; èyxifcùoç ,cerveau ). — Dans ce genre, ce n’est plusseulement en haut, mais sur toute la lon-gueur du tronc que le canal vertébral estouvert et que la moelle épinière manque.LesAnencéphales offrent donc des conditionsbeaucoup plus remarquables encore quecelles des Dérencéphales, et sont en mêmetemps beaucoup moins rares qu’eux. Parcette double raison, ils ont été souvent lesujet de travaux plus ou moins dignes d’in-térêt, au premier rang desquels se placentceux de M. Geoffroy Saint-Hilaire, qui a pu-blié plusieurs mémoires sur l’Anencéphalien,