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Les Rhizostomes et les Eudores, parmiles Méduses; les Physales, parmi les Aea-lèphes hydrostatiques, n’ont ni estomac ntcanal alimentaire. Ces animaux composentet absorbent leur fluide nourricier répara-ratcur par les bouches absorbantes de leurstéguments ; mais la surface de leur corpsexhale un liquide caustique, qui produit surla main qui le touche un sentiment debrûlure. On vient même de constater que,dans les Physales, ce suc est de nature acide.Analogue à celle des sucs digestifs des ani-maux supérieurs, cette composition chimi-que fait comprendre comment ces ani-maux dissolvent ou digèrent une proie qu’ilsont embrassée ou enveloppée par quelquesparties de leurs téguments. Ceux-ci agissentsur cette proie, comme la peau de l’estomacou celle du premier intestin des animaux supé-rieurs. Ainsi que nous l’avons signalé, depuisplus de dix années, dans nos Cours de la Fa-culté des sciences ( Leçons d’Anat. compar.,t. V , p. 454 et 43ô ), c’est une digestionextérieure, démontrant une nouvelle ana-logie entre les deux peaux. On peut en con-clure que la digestion est un caractère fonc-tionnel plus général de l’animalité que l’exi-stence d’un sac ou d’un canal alimentaire,c’est-à-dire d’un organe destiné spéciale-ment à l'exercice de la digestion, ou de cettefonction préliminaire de la nutrition dansles animaux.
Leur nutrition atmosphérique ou leur re-spiration est plutôt une dépuration qu’unealimentation. Il existe entre le fluide nourri-cier et le fluide respirable un tel échange deprincipes, que ceux que l’organisme animalverse dans l’atmosphère ne le cèdent pas debeaucoup, en poids, à ceux que l’atmosphèrelui abandonne. L’air expiré a été trouvémoindre d’un quatorzième au plus, et d’uncent vingt-deuxième au moins, de l’air in-spiré , dans les animaux des classes supérieu-res (Mammifères et Poissons ).
On ne pourrait pas en dire autant de larespiration des végétaux, dont la substanceprend généralement plus à l’atmosphèrequ’elle ne lui rend. Ici la respiration estplus essentiellement une alimentation (1).
L’action moléculaire de l’air sur le fluide
( 1 ) Voir, entre autres, les belles recherchesde M. Boussingault (Comptes rendus des séan-
nourricier, et celle du fluide nourricier surl’air atmosphérique, qui constitue la respi-ration , doit agir à travers les parois des ca-pacités qui renferment ce fluide, et les té-guments qui recouvrent et protègent toutl’organisme.
Les téguments, qui sont en contact immé-diat avec le fluide ambiant respirable, sontles organes de respiration les plus naturels,les plus simples. Quelle que soit la quantitéde sang qu’ils reçoivent, elle y est soumiseà l’action du fluide respirable, toutes lesfois que leur structure ne les empêche pasde la ressentir. Les belles expériences deM. Edwards ( Influence des agents physi-ques ) l’ont prouvé.
Cependant ce contact de la peau avec lefluide ambiant ne suflit pas pour en faire unorgane spécial de respiration. Les tégumentsremplissant essentiellement les fonctionsd’organes protecteurs, devaient être compo-sés de parties dures, insensibles , qui dimi-nuent leur aptitude à recevoir l’action atmo-sphérique. Il a donc fallu des modificationsorganiques particulières, qui font de certai-nes parties de la peau des animaux, ou deses dépendances extérieures ou intérieures ,des organes spéciaux do respiration.
Les plantes elles-mêmes respirent plusparticulièrement par les cavités pneumati-ques des feuilles.
Les arrangements spéciaux des tégumentsou de leurs appendices, pour la respiration,consistent essentiellement dans l’extrêmediminution de leur partie protectrice, etdans le nombre et la grande division descapacités qui dirigent successivement uneportion plus ou moins considérable du flui-de nourricier à la rencontre du fluide respi-rable.
Toutes les fois que c’est à la surface ducorps qu’ont lieu c.es dispositions, s’il n’y apas de couvercle ni de capsule pour conte-nir les parties de la peau ainsi modifiées, afinde les préserver contre l’action desséchantede l’air atmosphérique, la respiration estaquatique, l’animal vit plongé dans l’eau.C’est par la même raison que les feuilles desplantes submergées n’ont pas de cavitéspneumatiques, ainsi que l’a très bien obser-ves de l’Académie des sciences , t. VI, p. 102, 129et 383).