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Tome premier.
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553
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celui qu’exprime cette phrase célèbre dePline : Ludibria sibi, miracula nobis inge-niosa fecit natura. L’étude d’un être ano-mal, son examen anatomique lui-même, nesaurait conduire à d’autres résultats qu’à laconstatation des formes plus ou moins bizar-res, à la mesure de la distance plus ou moinsgrande qui les sépare des formes normaleset, par suite, à un étonnement stérile et irra-tionnel. Si, au contraire, les Anomalies, se-lon la belle expression de Montaigne , sontcontre la coustume seulement, et non con-tre la nature ; si elles ont leurs règles etleurs lois ; si même ces règles et ces lois nedilTèrent pas essentiellement des règles et deslois qui régissent les êtres normaux, unlien intime se trouve établi, non seulemententre tous les faits de la Tératologie , maisaussi entre les faits tératologiques et les faitsrelatifs aux êtres normaux. La Tératologie devient dès lors une science, à l’étude delaquelle s’attache un double intérêt et unedouble utilité , puisque l’observateur peuts’y proposer un double but : la coordina-tion des faits tératologiques considérés eneux-mêmes ; puis l’application de ces faits etdes conséquences qui en résultent aux diver-ses branches des sciences de l’organisation.Tel est le caractère, telle est la portée dela Tératologie , telle que l’ont faite les travauxrécents. Et comme la Tératologie , dans lesmille et mille faits qui lui appartiennent,embrasse toutes les conditions de l’organi-sation chez tous les êtres, nous ne craignonspas d’aller trop loin en disant qu’il n’est pasune des lois de l’organisation qui ne. puisse,si elle est vraie, recevoir de cette branchenouvelle de la science une utile confirma-tion, et dont la fausseté, dans le cas contrai-re, ne puisse être par elle mise en lumière.

Dans cet article placé presque au débutde ce Dictionnaire, et alors que l’ordre al-phabétique nous a permis à peine l’exposi-tion de quelques faits particuliers, nous nesaurions suivre la Tératologie ni dans seshautes généralités, ni dans les brillantes ap-plications qui déjà en ont été faites ou peu-vent l’être à la Physiologie, à l’Anatomiecomparée, à la Zoologie. Leur expositiontrouvera naturellement sa place dans un ar-ticle général sur il tér atologie ( Voy. cemot), tandis qu’il est indispensable, mêmepour l’intelligence des articles spéciaux qui

vont suivre, de placer ici quelques notionspréliminaires sur la nomenclature et la clas-sification tératologiques.

En remontant à la définition que nousavons donnée au commencement de cetarticle, il est évident que les Anomalies,bien qu’elles soient, sous un point de vuegénéral, intimement liées entre elles, doi-vent être infiniment nombreuses et variées.Elles le sont en effet. Tout écart du typespécifique est une Anomalie, depuis la va-riété la plus simple, la moins apparente, laplus dénuée d’inlluence sur l’ensemble desfonctions, jusqu’à la déformation la plus bi-zarre et la plus hideuse de l’être tout entier,à l’altération qui entraîne comme conséquen-ce la non-viabilité ou la nécessité de vivredans les conditions les plus exceptionnelles ;depuis, par exemple, la plus légère modifi-cation dans la couleur, dans la forme , dansla grandeur du corps ou de l’une de ses par-ties , jusqu’à l’existence de deux, de troistêtes pour un seul corps, jusqu’à la suppres-sion simultanée de tous les organes réputésles plus essentiels à la vie.

Tous ces états de l’organisation, s’ils ontquelque chose de commun, en tant que con-stituant des faits de déviation du type spé-cifique , sont manifestement très différentsentre eux ; et la nécessité de leur division etde leur subdivision en groupes de divers or-dres régulièrement subordonnés les uns auxautres n’est pas moins évidente que le lienpar lequel les Anomalies sont unies sous lepoint de vue le plus général. Cette nécessitéa cependant plus ou moins complètementéchappé à un grand nombre d’auteurs , ettellement, que le fïiot Monstruosité , malgréses données étymologiques et l’acceptionqu’il tient de l’usage, avait fini par devenir,dans la nomenclature tératologique, un sy-nonyme exact du mot Anomalie. On trouve,en effet, jusque dans les ouvrages les plus ré-cents, ces deux termes pris indifféremmentl’un pour l’autre, et appliqués égalementaux déviations les plus légères comme auxplus graves et aux plus complexes.

Frappé des inconvénients d’une telle con-fusion , et persuadé que, si les mots ne fontpas la science, ils aident puissamment à lafaire, nous n’avons pas craint de consacrerdes recherches assez longues à la réforme dela nomenclature tératologique, en même

T.