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cularii, les Campagnols et les Lemmings, etLacépède créa, pour tous les Rongeurs voi-sins, le genre Arvicola, aujourd’hui généra-lement adopté, et partagé depuis Cuvier enun certain nombre de sous-genres.
Les Campagnols ont pour caractère com-mun d’avoir partout trois màchelières commeles Rats. Ces dents manquent de racines, etsont formées par un seul tube d’émail com-primé et plissé de manière à présenter unnombre variable de prismes verticaux. Lesbases des prismes opposés se joignent surla ligne médiane ; de là, résulte l’apparenced’une ligne d’émail placée dans l’axe de ladent, et qui la diviserait en deux portions.Ces caractères distinguent au premier coupd’œil les molaires des Campagnols de cellesde quelques autres Rongeurs à dents canne-lées sur les côtés ; car celles-ci présententtoujours, dans leur épaisseur, des tubes d’é-mail isolés. A ce caractère général se joignentquelques autres particularités qui ont servià l’établissement des groupes sècondaires,et dont nous parlerons successivement entraitant de ces derniers. Nous signaleronsseulement ici les variations remarquablesque présente le nombre des côtes, dont ontrouve quatorze , treize ou douze, sans queces différences si grandes dans le squeletteparaissent jusqu’à présent se traduire pardes caractères extérieurs bien sensibles.
A. ONDATRA ( Fiber , Cuv. ). •— Cettepremière division du grand genre Arvicola nerenferme qu’une seule espèce bien connue,facile à reconnaître à ses pieds de derrière àdemi-palmés, et à sa queue longue, compri-mée et écailleuse.
L’Ondatba ou Rat musqué ( Mus zibeticusGmel.), connu déjà depuis fort long-temps,a été étudié avec soin dès le commencementdu siècle dernier par Sarrasin , qui en fitconnaître l’anatomie dans un Mémoire im-primé en 1725. Ce rongeur est à pe prèsde la taille des Lapins , mais ses jambes sontplus courtes. Ses doigts, armés d’ongles ro-bustes, portent aux pieds de derrière unedemi-palmure, et sont de plus bordés derangées de poils solides et entre-croisés,comme dans les Musaraignes. La queue estaussi longue que le corps, mais compriméeverticalement sur le milieu de la longueur etcouverte de larges écailles. Le poil qui couvrel’Ondatra est de deux sortes : l’un. soyeux
et long, de couleur brune, traverse le se-cond formé par un duvet très serré, pluscourt, plus fin, et dont la teinte est grise.
L’Ondatra a quatorze côtes. Son canal ali-mentaire est environ six fois aussi long quele corps. Sarrasin dit avoir observé pendantl’hiver, dans l’estomac de cet anima!, unemembrane blanche, assez épaisse, d’une fai-ble consistance, et qui disparait pendant labelle saison, époque à laquelle les paroisstomacales sont si minces qu’elles sont en-tièrement transparentes.
On sait que chez un grand nombre de Ron-geurs , les organes de la génération semblents’atrophier presque entièrement hors de l’é-poque du rut ; qu’au contraire, dans la sai-son des amours , ils acquièrent un dévelop-pement très remarquable. Chez aucun deces animaux , ce phénomène n’est plus mar-qué que chez l’Ondatra. En même temps, ilse manifeste chez lui un appareil glandu-laire particulier placé entre le pcaucier et lemuscle grand oblique de l’abdomen , dontles conduits excréteurs contournent le bordpostérieur du pubis , et longent la verge jus-qu’au gland chez les mâles, l’urètre jusqu’auclitoris chez les femelles, fl s’en échappe unliquide d’apparence laiteuse dont l’odeurmusquée est si pénétrante, que, pendantses dissections, Sarrasin assure avoir courule danger d’être suffoqué. Pendant le restede l’année, cette odeur perd de sa force, etdevient, dit-on, assez agréable.
On comprend que ce n’est pas sans quel-ques raisons que Linné avait placé l’Ondatradans le genre Castor sous le nom de Castorzibeticus. Nous avons déjà parlé de cettequeue aplatie et écailleuse qui pourrait êtreconsidérée déjà comme établissant entreces animaux une certaine analogie. Tousdeux ont la même patrie ; tous deux présen-tent, dans leurs habitudes, des ressemblancesd’autant plus remarquables que ces mœurscaractéristiques sont plus rares.
Comme le Castor, l’Ondatra est éminem-ment sociable ; il sait, comme lui, se con-struire des huttes où il trouve un abri contreles attaques de ses ennemis et contre la ri-gueur des climats qu’il habile. A quelqueségards même, l’Ondatra sembleraitavoirunecertaine supériorité , en ce que son instinctd’architecte paraît se plier aux circonstan-ces , et qu’il sait profiter des avantages do
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