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Canne a sucre a plusieurs épis ( Saccha -mm polyitachion Sw.). — Originaire des In-des occidentales. Fleurs paniçulées, à épisliliformes, très longs, fastigiés; fleurettesrapprochées ; rafle filiforme.
Canne a sucre du Bengale (Saccharumbengalaise Retz). — Panicule serrée , à pé-doncules divisés ; fleurettes géminées ; balleà deux valves, hermaphrodite.
Canne a sucre rampante ( Saccharum re-tiens Willd.). — Originaire de Guinée . Pani-cule lâche ; fleurettes géminées, sessiles,aristées ; feuilles planes, à gaine poilue.
Enfin l’on connaît encore les Saccharummunga, adpressum, mexicauum, etc.
Comme on peut le voir par mes courtesdescriptions , le genre Saccharum est assezmal établi. Brown et quelques autres bota-nistes l’ont retouché, et divisé en trois ouquatre nouveaux genres , Monachne , Po-goiialhcrum , Permis et Saccharum: mais,comme leurs travaux se contrarient conti-nuellement, c’est une étude qui reste à faire.Quoi qu’il en soit, les Cannes à sucre sontdes végétaux pleins d’élégance, affectant tousle port léger et gracieux des Roseaux : aussiles trouve-t-on assez souvent dans nos ser-res chaudes , où on les cultive en pots en-foncés dans la tannée. On leur donne uneterre substantielle, franche; beaucoup d’eauen été, peu en hiver ; on les dépote chaqueannée sans couper aucune racine, et on les'uultiplie de rejetons ou de boutures qu’on■ait reprendre assez facilement en petits potsplongés dans une couche chaude, en ayantsoin de tenir la terre constamment humide.
Le sucre était-il connu des anciens? Cettequestion me parait tout-à-fait résolue pour' eux qui ont lu avec quelque attention ceMue nous ont laissé sur ce sujet quelquesauteurs grecs et latins. Cette substance estappelée par eux tantôt Miel de roseaux, Selde roseaux, tantôt Saccharon ou Saccharum.lorsque Dioscoride fait l’énumération desdifférentes espèces de miel, il dit que l’une ,qu’il nomme Saccharon , se trouve dansi Inde ou l’Arabie-Heureuse, dans la moellede certains Roseaux ; qu’elle se congèle à lajaçon du sel, et qu’elle est friable commeUi. Galien dit à peu près la même chose,
' t Pline ajoute que le sucre vient d’Arabie,! "ais que celui des Indes est meilleur et plusestimé ; que, c’est un miel extrait de certain
roseau, friable sous la dent, et uniquementréservé pour la médecine. Comme aucunde ces auteurs ne fait mention de l’éclatanteblancheur du sucre, il est à croire que lesanciens ignoraient l’art de le raffiner par l’é-puration. On dit cependant que les Chinoisont su, depuis la plus haute antiquité, l’ex-primer de la Canne, l’épurer, le blanchir, etlui donner, en le cristallisant, la forme etla consistance d’un sel. Ce qu’il y a de cer-tain, c’est que les Arabes connurent le sucreraffiné bien long-temps avant les Européens ;il ne fut guère apporté en Europe que versl’époque des premières croisades , ou peut-être un peu avant. Dans un compte de l’an1333 , pour la maison du dauphin de Vien-nois, Humbert, il est parlé de sucre blanc ;il en est aussi question dans une ordonnancedu roi Jean, en 1353. On trouve à la Bi-bliothèque royale des poésies manuscritesd’Eustache Deschamps , mort vers t-120, danslesquelles le poète met le sucre au nombredes plus fortes dépenses d’un ménage aisé..Cette substance était alors fort chère, parcequ’on la tirait de l’Inde par la voie d’Alexan-drie , et que les Vénitiens en avaient exclu-sivement le monopole, faisant alors presqueseuls le commerce de la Méditerranée. Cettebranche lucrative d’industrie passa ensuiteaux Portugais , lorsque Vasco de Gaina,ayant découvert le cap de Bonne-Espérance ,ouvrit aux Européens une route par meraux Indes orientales.
A peu près vers la fin du xm* siècle,la culture de la Canne à sucre fut trans-portée des Indes en Arabie , d’où elle passaen Nubie, en Égypte et en Éthiopie . Dans lesiècle suivant, elle fut portée en Syrie , enChypre et en Sicile . En 1420, le prince Henride Portugal, voulant cultiver Pile de Madère,que ses. vaisseaux avaient découverte, y fitplanter des Cannes tirées de Sicile . Elles yfurent cultivées avec succès, et y produisi-rent un sucre plus abondant et beaucoupmeilleur que partout ailleurs à cette épo-que. L’Espagne suivit l’exemple du Portugal ,en introduisant cette précieuse culture auxîles Canaries , et bientôt après sur le solmême de la mère-patrie. On naturalisa laCanne à sucre dans les royaumes d’Andalou-sie,deValence,de Grenade,etc ., où elle réussitparfaitement. Enfin cette culture devint lapassion de toule l’Europe méridionale , et on