Band 
Tome troisième.
Seite
148
JPEG-Download
 

CAR

CAR

Ul8

On y trouvera d’ailleurs des détails de mœurspropres à chacune d’elles, et sous ce rapportnous nous bornerons à faire connaître ici cequi est commun à toute la famille.

M. Léon Dufour a présenté, dans les An-nales des sciences naturelles ( t. VIII, p. 36),le résumé suivant des caractères anatomi-ques des Coléoptères dont il s’agit : « LesCarabiques, dit ce célèbre anatomiste, sontchasseurs et carnassiers. La longueur de leurtube digestif ne surpasse pas plus de deuxfois celle de leur corps. L’œsophage est court ;il est suivi d’un jabot musculo-membraneuxbien développé, très dilatable ; puis vient ungésier ovale, arrondi, à parois celluleuses etélastiques, armé intérieurement de piècescornées, mobiles, propres à la trituration, etmuni d’une valvule à scs deux orifices. Leventricule cliylifique , qui lui succède , estd’une texture molle et expansible, constam-ment hérissée de papilles plus ou moins pro-noncées, et rétréci en arrière. Vintestin grêleest assez court. Le cæcum a la forme du jabot.Le rectum est court dans les deux sexes. Les> aisseaux hépatiques ne sont qu’au nombrede deux, en axe diversement reployé, et s’im-plantant, par quatre insertions isolées, au-tour de la terminaison du ventricule chy-lifique. Les testicules sont formés, chacun,par les circonvolutions agglomérées d’unseul vaisseau spermatique, tantôt presqu’à nu,tantôt revêtu d’une couche adipeuse, d’unesorte de tunique vaginale. Les canaux défé-rents sont souvent repliés en épididyme. Lesvésicules séminales , au nombre de deux seu-lement, sont filiformes; le conduit éjacula-teur est court, la verge grêle et allongée,Varmure copulalrice plus ou moins compli-quée. Les ovaires n’ont que sept à douze gai-nes ovigères à chacun, multiloculaires, réu-nis en un faisceau conoide. L’oviducle estcourt ; la glande sébacée , composée d’unvaisseau sécréteur, tantôt filiforme, tantôtrenflé à son extrémité, et d’un réservoir. Lavulve s’accompagne de deux crochets rétrac-tiles. Les œufs sont ovales-oblongs. L’exis-tence d’un appareil de sécrétion excrémenti-ticlle est un des traits anatomiques les plussaillants de tous les Carabiques. Il consisteen une ou plusieurs grappes ü'utricules sé-crétoires dont la forme varie selon les genres,en un long canal efférent , en une veine ou ré-servoir contractile, en un conduit excréteur

dont le mode d’excrétion varie, et en un li-quide excrété qui a des qualités ammonia-cales. L 'organe respiratoire a des stigmatesou boutons bivalves, et des trachées toutestubulaires. Le système nerveux ne diffère pasde celui des Coléoptères en général. »

Les larves dont il nous reste à parler nesont pas moins carnassières que l’insecteparfait. Leur forme varie suivant le genreauquel elles appartiennent ; cependant ellesont en général le corps allongé, presque cy-lindrique , composé de douze anneaux , noncompris la tête : celle-ci est munie de deuxantennes courtes et coniques, et offre dechaque côté six petits yeux lisses. Sa bouchese compose de deux fortes mandibules ter-minées en crochet aigu, de deux mâchoiresportant chacune une division externe enforme de palpe , et d’une languette sur la-quelle sont aussi fixés deux palpes moinsallongés que ceux des mâchoires. Les troispremiers anneaux portent chacun une pairede pattes cornées. Le premier, ou celui quicorrespond au prothorax , est recouvert su-périeurement d’une pièce écailleuse, carrée ;les autres sont mous. Le huitième est dé-pourvu de mamelons , et le dernier se ter-mine par deux appendices coniques, dont laforme varie suivant les genres.

La plupart de ces larves vivent et se mé-tamorphosent dans des trous qu’elles creu-sent en terre. Il est très difficile de les dé-couvrir et de les étudier ; aussi ne possédé-t-on encore sur leur compte que très peud’observations. Celles sur lesquelles on a leplus de faits bien constatés, concernent les g.Anthia , Calosoma , Cicindela , Dilontus etOmophron..

La famille des Carabiques joue dans laclasse des Insectes le même rôle que celledes Carnassiers parmi les Mammifères. Obli-gés, par leur organisation, de vivre aux dé-pens des autres Insectes , tantôt ils les atta-quent à force ouverte, tantôt ils se tiennenten embuscade pour les surprendre.Des man-dibules fortes, tranchantes et plus ou moinsaiguës à l’extrémité , une grande force mus-culaire dans leurs pattes qui leur permetautant de vigueur que de promptitude dansleurs mouvements , tout dans leur structureleur donne un grand avantage sur ceuxdont ils font leur proie. Cependant, à l’ex-ception des Cicindèles, qui volent avec la