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Tome troisième.
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regarder comme un groupe dont le caractèrele plus distinct est d’clrc essentiellement mar-cheur ; aussi leurs ongles, déjà peu arquéspour que leur marche soit plus facile, sont-ils le plus souvent usés ou émoussés àleur extrémité.

» Compagnons fidèles de l’homme partoutoù il s’est établi, on les retrouve à toutes leszones de latitude et de hauteur, depuis lesterres les plus australes jusqu’à la ligne, etdepuis le niveau de la mer jusqu’aux som-mets les plus élevés des Andes . Mais tous nesont pas de même espèce, et chacune d’ellesa une zone d’habitation qui lui est propre.Ainsi, le Caracara commun vit partout, de-puis la zone glaciale jusqu’à la zone brû-lante des tropiques; mais il ne se rencontrejamais sur les hautes sommités, où il est rem-placé par le Phalcobène montagnard, espècenouvelle de Caracara qui, bien différent decelui-là , vit seulement dans les régions éle-vées, sèches et arides, tandis que le Caracarachimango, fidèle compagnon du premier,l’accompagne partout au milieu des plaineset suit ses habitudes demi-domestiques. LeCaracara chiinachima, au contraire, quoi-que de mœurs non moins paisibles, ne se voitqu’isolé près des maisons voisines des bois ,et seulement dans les plaines chaudes, où ilreste pour ainsi dire circonscrit entre les tro-piques.

» Le Caracara est devenu en Amérique lecompagnon parasite et souvent importun del’homme dans tous ses degrés de civilisation.Si le sauvage voyageur s’arrête et se construitune cabane, il vient se percher dessus,comme pour en prendre possession le pre-mier, et séjourne aux alentours pour profi-terdes restes desa nourriture; si un hameau,si un établissement agricole où l'hommes’entoure d’un grand nombre d’animaux do-mestiques, viennent à s’élever, il arrive etcampe dans le voisinage ; là, il redouble devigilance et d’assiduité, dans l’espoir d’unenourriture abondante et facile. Stimulé parson appétit vorace, il ne craint pas de s’a-battre au milieu des villesetdes basses-courspour enlever de jeunes Poulets, ou ravir àl’habitant négligent le morceau de viandequ’il fait sécher au soleil. Mais, à part cescas particuliers de rapine , les Caracarasrendent un vrai service aux habitants desvilles cl des campagnes, en dévorant les ani-

maux morts et les immondices de toute es-pèce, comme les Cathartes, et souvent on lesvoit disputer avec acharnement à ces dégoû-tants rivaux la possession d’un lambeau dechair.

» Les Caracaras sont certainement les plusfamiliers de tous les Falconidées, ce en quoiils se rapprochent des Cathartes, et s’éloi-gnent de tous les autres Falconidées. A peinese dérangent-ils du passage du voyageur, ets’ils s’en croient trop près, ils s’en éloignentseulement de quelques pas, en marchant ouen sautant. Généralement querelleurs, ilsse livrent entre eux des combats sanglants.Cependant, ils se réunissent par coupleschaque soir, et passent ordinairement lanuit à côté de leur fidèle compagne sur lesbranches basses du vieil arbre qu’ils ontadopté. Dans les lieux où les arbres sont éloi-gnés, on voit le Caracara commun terminersa chasse de la journée bien plus tôt qu’ail-leurs.un trajet de 5 à 0 lieues ne l’effrayantpas pour aller retrouver son gîte habituel,et il franchit cet espace en uninstant.Dans leslieux où les arbres manquent, il choisit pourdomicile le point le plus élevé des buissons,ou, à défaut de buissons, un tertre, mais celatrès rarement. Ces détails regardent particu-lièrement le Caracara commun et le Chi-mango. La troisième espèce, le Chimachima,est moins sociable, et ne montre jamaisquoique ne craignant pas l’homme, celteextrême familiarité et cet esprit de rapinequi rassemble les deux autres espèces et lesCathartes. Il s’attache aux bêtes de sommeque les bâts ont blessées, se pose et se cram-ponne avec tantde force surleurs plaies qu’ildéchire, qu’il ne reste à l’animal ainsi dévorépour ainsi dire tout vivant, d’autre ressourceque de se rouler à terre ou de se jeter dansun bois. Celle espèce, beaucoup moins com-mune que les autres, peut être considéréecomme n’offrant pas plus d’un individu surcent de l’espèce commune, et sur dix duChimango.

» Les Caracaras ont un vol qui les fait fa-cilement reconnaitre de loin. Leurs ailessont coupées carrément à l’extrémité; et, ou-vertes, elles présentent une forme oblongued’égale largeur ou parallélipipède. Leurmarche habituelle les distingue éminem-ment de tous les autres Falconidées. On lesvoit effectivement se promener à pas lents,