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Tome troisième.
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CASTOR. Castor, Linn. mam. —Le genreCastor sc distingue de tous les autres Ron-geurs par des pieds de derrière presque en-tièrement palmés, et une queue aplatie hori-zontalement en forme de large spathule querecouvrent des écailles. Le nombre des doigtsest de cinq à chaque pied ; le plus long estcelui du milieu. Les deux mâchoires portentde chaque côté quatre molaires à Couronneplate, formées d’un ruban d’émail qui, à la' mâchoire supérieure, se replie de manière àformer une échancrure en dedans, et troisen dehors, tandis qu’à la mâchoire inférieureon trouve une disposition tout opposée.

Le Castor du Canada {Castor fiber Linn.).—Cette espèce, dont le nom est connu de toutle monde, forme à elle seule le genre dontnous nous occupons. Quelques naturalistesont voulu distinguer comme espèce parti-culière les Castors qu’on trouve en France ,dans le Rhône et le Gardon, en Allemagne ,sur les bords du Danube , etc. ; mais, ainsique nous le verrons plus loin, on doit s’entenir, sur ce sujet, à l’opinion déjà admisepar Buffon, qui avait confondu ces animauxsous un seul nom spécifique , malgré leurdifférence d’habitat.

Le Castor est un des Rongeurs actuelle-ment vivants les plus remarquables par lataille. Il a en général deux pieds de long,sans compter la queue ; sa hauteur est d’unPied environ. Scs formes sont lourdes et ra-massées. Ses pieds de derrière, bien plus'°ngs que ceux de devant, en diffèrent en-core par la palmure qui les distingue, et parun ongle double qui se trouve à l’avant-•iernier doigt. Le pelage du Castor est assez'ariable: on en trouve d’entièrement blancs,aussi bien que de tout noirs; mais la teinte* a plus générale est d’un roux marron, plustoncé en dessus qu’en dessous. Cette livrée°sl due à des poils soyeux, longs et luisants,'im dépassent et recouvrent un duvet très*’ n , très serré, imperméable à l’eau, d’unecouleur grise et comme argentée.

Ce pelage, très épais sur tout le reste ducorps, devient plus rare sur la tête. Celle-ci

* ohluse, cl se termine par des narinesn° ongées au-delà des mâchoires, qui seoid^ Vent Presque continuellement avec ra-• dé, surtout quand l’animal est affecté

• r quelque odeur extraordinaire. La lèvrePencure est fendue. Le devant de la bou-

che est armé d’incisives très fortes, plates, etde couleur orangée sur leur face externe ,blanches et triangulaires en dedans. La lan-gue, très peu extensible, paraît susceptiblede s’appliquer en arriére contre le palais, etde remplir ainsi le rôle d’un opercule.

L’œil du Castor est très petit, ainsi que lapupille ; celle-ci, dont l’ouverture est circu-laire, se ferme presque complètement lors-que l’animal est exposé à une vive lumière.La troisième paupière est rudimentaire, et nepeut aucunement servir à garantir l’œil ducontact de l’eau. La conque de l’oreille estpetite et de forme elliptique. Quand le Cas-tor plonge, il l’abaisse contre sa tête, et em-pêche ainsi l’arrivée du liquide dans sonconduit auditif.

La voix du Castor consiste en une espècede petit cri plaintif, qui, lorsqu’on l’in-quiète, se change en un murmure sourd etune espèce d’aboiement faible.

L’orifice externe des organesde la générationet celui de la défécation s’ouvrent tous deuxdans une espèce de poche commune ou cloa-que, placé tellement sous la queue qu’on apeine à comprendre comment peut se fairel’accouplement. De chaque côté de cette po-che se trouvent deux paires de glandes ; lessupérieures sécrètent une humeur onctueuseet odorante particulière connue sous le nomde Casioréum. Les anciens, et Elien en par-ticulier; paraissent avoir regardé ces corpsglandulaires comme les testicules: il n’en estrien. Les organes chargés de préparer la li-queur fécondante sont profondément enfon-cés dans les aines,d’où ils sortent peut-êtrependant l’époque des amours. Le Castor sesert de ses pieds de devant pour saisir et ma-nier les objets avec autant d’adresse que l’E-cureuil. Les doigts en sont profondémentdivisés et parfaitement libres ; et quoique lepouce ne soit pas opposable aux autres,ceux-ci trouvent dans l’acte de la préhensionun point d’appui presque équivalent dans lestubercules charnus placés à la base de cequ’on pourrait appeler la paume des mains.Les pieds de derrière au contraire jouent lerôle de rames fortes et robustes, et sa queueremplit à merveille celui de gouvernail.

Les habitudes de ce Piongeur sont presqueentièrement aquatiques. On a pourtant fortexagéré quand on a dit qu’il formait le pas-sage des Mammifères terrestres aux animaux