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aquatiques. Rien, dans sa structure anato-mique , n’autorise cette assertion , mise enavant par des auteurs qui s’appuyaient seu-lement sur quelques apparences trompeu-ses ou sur des faits erronés. La chair de son ’train de derrière n’a pas le moins du mondele goût de poisson ; et, quant aux écailles quicouvrent sa queue , c’est à tort qu’on les aassimilées à celles de ces derniers animaux.Elles ressemblent bien plutôt aux écaillesdes Pangolins, à celles même qui entourentla queue des Rats et de quelques Musarai-gnes , et se composent de poils agglutinés.Peut-être pourrait-on, à bien plus juste titre,les comparer aux ongles de l’homme, dontelles ne diffèrent qu’en ce que leur crois-sance parait être limitée.
De tous les Mammifères connusse Castorest peut-être le plus propre à nous donnerdes notions précises sur celte partie de leurhistoire si difficile et si obscure encore, quis’occupe, non plus de leur structure anato-mique et du jeu de leurs organes, mais dece premier moteur qui détermine toutesleurs actions. La question de l’intelligenceconsidérée chez des êtres qui nous sont siinférieurs à cet égard , se complique encorede celle de leurs instincts si variés. Cetteétude, nous en sommes pleinement convain-cu, serait d’un haut intérêt, et, suivie parun homme capable d’en comprendre toutela portée, elle ne manquerait pas de conduireà des résultats de la plus grande impor-tance pour la philosophie. Un jour viendrasans doute où la science de l’homme moralet intellectuel trouvera dans la psychologiecomparée un aide aussi réel, aussi puissantque celui que la science de l’homme maté-riel a puisé dans Yanatomie et la physiologiecomparées. Les bornes de cet article s’oppo-sent à ce que nous développions cette pen-sée; nous nous bornerons donc à émettrequelques propositions, et à en faire l’appli-cation immédiate à l’animal que nous élu-dions.
Chacun sait quelle admirable industrie lesCastors déploient pour la construction deleurs demeures.Réunis au nombre de deux outrois cents vers les mois de juin ou de juil-let, ils commencent par choisir un endroitconvenable. Us paraissent aimer de préfé-rence les cours d’eau assez considérablespour supporter le flottage des matériaux J
qu’ds auront à mettre en œuvre. Tout choixsuppose une comparaison, et toute comparai-son entraîne nécessairement raisonnement.Ce n’est donc pas à l'aveugle et seulementpar suite de cette impulsion intérieure quenous nommons instinct , que les Castors sedéterminent. Une fois l’emplacement choisi,il faut barrer la rivière afin d’obtenir unniveau constant ; la construction d’une diguedevient nécessaire. Chacun se met à l’œuvre.Si quelque gros arbre se trouve sur le bordde la rivière, il servira pour ainsi dire depointd’appui à tous les travaux subséquents.Lors même qu’il est plus gros que le corpsd’un homme, les Castors le coupent à l’aidede leurs puissantes incisives, à un pied ouun pied et demi au-dessus du sol, et saventtrès bien diriger sa chute de manière à cequ’il tombe en travers de la rivière. Iciencore il nous semble évident que l’instinctseul n’est pas mis en jeu. Une fois abattu,ils l’ébranchent de manière à ce qu’il portepartout également. D’autres travaillent ré-pandus dans les environs, toujours en amontde la digue, coupent d’autres arbres d’unmoindre diamètre, mais dont plusieurs sontencore plus gros que lacuisse, lesébranchentsur place, les traînent ensuite dans la ri-vière, en dirigent le flottage, et l’y conduisentjusqu’au lieu où ils doivent être employés.Là, ces pieux sont dressés verticalement con-tre le gros tronc d’arbre dont nous avonsparlé, et tandis qu’un certain nombre de nosindustrieux Rongeurs les maintiennent danscelte position, d’autres plongeant au fond del’eau y creusent les trous destinés à recevoirl’extrémité de ces pilotis.Pendant qu’une par-tie de la peuplade est ainsi occupée à formercelte espèce de claire-voie très serrée, quel-ques Castors apportentdes branches flexibleset les entrelacent aux pieux verticaux. D’au-tres vont chercher de la terre, la gâchentavec leurs pieds, la battent avec leur queue,puis en forment des pelotes qu’ils transpor-tent avec leurs dents et dont ils revêtent leurmaçonnerie. Plusieurs rangs de pilotis sontainsi plantés l’un devant l’autre, et l’ouvragoprend enfin l’aspect d’une digue légèrementarquée en amont du courant, de dix à douzepieds d’épaisseur à sa base, de deux à troispieds au sommet, et huit à dix pieds de hau-teur sur quelquefois prés de cent pieds dej longueur.