Band 
Tome troisième.
Seite
221
JPEG-Download
 

CAS

CAS

221

On voit que la construction de cette chaus-sée suppose chez les Castors un instinct deconstruction très développé, mais qu’elle exi-ge en même temps un grand nombre d’actesréfléchis et que les circonstances modifient.Ce qui le prouve encore, c’est que lorsqueces animaux peuvent découvrir un lac à leurconvenance et dont le niveau est constant,ils se dispensent de tous ces travaux gigan-tesques, et procèdent immédiatement à l’in-stallation de leurs cabanes. Celles-ci sontbâties sur pilotis plein près du bord del’étang. Leur forme est à peu près ronde,mais leur grandeur varie depuis quatre Jus-qu’à huit ou dix pieds de diamètre intérieurselon le nombre des habitants. Les murs, dedeux pieds d’épaisseur environ, s’élèventd’abord verticalement et sont couverts d’uneespèce de dôme. Presque toujours cette ha-bitation est divisée en deux étages. L'infé-rieur sert de magasin. On y place les écor-ces, les branches tendres qui serviront deprovision d’hiver. Une porte cachée par l’eaus’ouvre dans cette partie de la maison, etpermet aux habitants de s’échapper en plon-geant. L’étage supérieur est plus particulié-rement destiné à l’habitation, et les Castorsle tiennent toujours dans un état de pro-preté parfaite.

Dans l’édification de ces cabanes, les Cas-tors développent la même habileté et lemême mélange d’actes instinctifs et d’actesréfléchis que dans la construction de leursligues. Ainsi, à en juger par ces travaux, leCastor devrait être un animal très intelli-gent. il n’en est rien pourtant. Ceux de cesAnimaux qu’on a pu élever en domesticité0,| t toujours montré fort peu d’intelligencedans tout ce qui ne tenait pas à leur instinctconstructeur : aussi peut-on dire que cesRongeurs sont un des meilleurs exemplesfu’on puisse citer à l’appui de cette propo-rtion émise par SI. Isidore Geoffroy : quechez les animaux Vinstinct est en rapport•nverse de Vinielligence , Ajoutons toutefois•lu il ne faut entendre ici par ce dernier mot•lue l’ensemble des facultés autres que celles•lui sont nécessaires pour l’accomplissementes actes commandés par l’instinct do-minant.

I *' es animaux, a-t-on dit, se distinguent dese °, mme en ce flue chez eux les individuseu 8 Peuvent être perfectionnés sans que |

l’espèce y gagne. On a admis également quel’espèce ne pouvait être altérée. Il y a quel-que chose de trop absolu dans les idées gé-néralement répandues à cet égard. Nos racesdomestiques nous offrent des exemples de ceque peut l’éducation long-temps prolongéesur des races entières, et la transmissiondes instincts acquis, s’il est permis de s’expri-mer ainsi, est un fait qu’on ne saurait nier.Les Castors nous offrent un exemple du faitcontraire. Que la contrée où ils résidentvienne à se peupler, qu’une guerre activeleur soit déclarée, et bientôt nous verronsdisparaître cette espèce de civilisation ani-male si admirable à étudier. Une peupladede Castors qui a vu ses baraques détruiteset un grand nombre de ses membres tués,se disperse, et bientôt chacun d’eux, au lieude chercher à se réunir à ses semblables,s’habitue à vivre isolément. Dès lors plus deces travaux considérables qui exigent l’asso-ciation et le concours des efforts d’un grandnombre d’aides. L’instinct lui-même semblechanger: d’architectes et de constructeursqu’ils étaient, ces animaux deviennent fouis-seurs, et au lieu de se bâtir une cabane com-mode, ils se contentent de se creuser un longterrier aboutissant à la berge de quelquefleuve. On les appelle alors Castors terriers,et ce sont eux qui étaient connus des ancienset qu’on trouve encore en Europe . Déjàdans l’Amérique du Nord même il est bienrare de trouver des Castors réunis en peu-plades: l’homme les a presque tous dispersés,et ce n’est plus guère que dans les désertsqui s’étendent à l’ouest des États-Unis et duCanada qu’on peut encore admirer ces ani-maux développant librement les instinctsqu’ils ont reçus de la nature. (A. de Q.)

CASTOR, ois. — Nom spécifique sous le-quel Frisch et Naumann ont désigné le Harlevulgaire, Mergus merganser . (G.)

CASTOUEA , Plum. bot. ph. — Syn. deDuranla, Linn.

CASTORÉUM. mari. — Substance rési-noïde d’un brun rougeâtre à l’extérieur etd’un fauve jaunâtre à l’intérieur; d’uneodeur forte , pénétrante et fétide ; d’une sa-veur âcre et amère, sécrétée par des glan-des situées sous la peau de l’abdomen duCastor, entre l’origine de la queue et la par-tie postérieure des cuisses. Le Castoréum estcomposé de Caslorinc, d’une huile volatile,