CER
329
CER
due dans la direction longitudinale que ver-ticalement.
Les poils du pelage du Cerf d’Antis sontsecs, durs et cassants, caractère physiquepar lequel cette espèce se distingue desautres Cerfs de l’Amérique méridionale,dont les poils sont au contraire très douxau toucher. Par cette particularité , le Cerfd’Antis se rapproche des Cerfs indiens, quipour la plupart ont des poils ainsi faits. Cespoils sont plus flexibles sur la queue et surla tète, depuis l’espace interauriculaire jus-qu’à la réunion des deux moitiés de la bi-furcation de ta ligne brune du chanfrein.Sur le reste de celte partie du corps et surles membres, ils sont moins longs que par-tout ailleurs.
Un autre caractère de ces poils consistedans leur coloration annelée. L’anneau dela racine est blanchâtre ; il devient ensuitebrunâtre , plus foncé supérieurement, en-suite blanc-jaunâtre, et celui de la pointeest brun plus sombre. Sur ceux de la tête,le blanc domine à la pointe de ces poils.Dans les parties blanches, les poils sont uni-formément de celte couleur.
La forme des bois ne présente pas jusqu’icid’analogue parmi les Cerfs décrits :1a meuleest très petite, entourée d’une couronnehé-rissée de perlures obtuses; à un pouce etdemi ou deux pouces de la couronne, le boisse bifurque, la bifurcation antérieure sedirige en avant pour se porter ensuite un peuverticalement, puis en arrière, de façon quela pointe regarde dans cette dernière direc-tion et un peu en dedans. La bifurcationpostérieure se dirige au contraire en arrière,de façon à présenter sa concavité en avantet sa convexité en arrière.Ce bois, comme onle voit, présente réellement quatre cornes,et l’on pourrait certainement l’appeler Cerftétracère. Les divisions rudimentaires duProlongement frontal du Cerf d’Anlis sontlisses, pointues au sommet et creusées desillons longitudinaux peu marqués.
Le Cerf d’Anlis habite la Cordilière orien-tale de la république de Bolivie , princi-palement les environs de la ville de la Paz .11 ne quitte pas le sommet des monts,et les la-Htudes qu’il fréquente sont élevées de 4,000'nètres au-dessus du niveau de la mer, ré-8'ons ou la végétation n’offre plus que desGraminées. On conçoit dès lors combien il est
T. III.
difficile de s’en emparer: aussi, pour prendrepossession des individus don t nous lui devonsla connaissance, M. Aie. d’Orbigny fut-il obli-gé de requérir l’assistance du corrégidor dePalca, à six lieues de la Paz. Conformémentaux ordres qu’ils en reçurent, les habitantsde la commune de Palca et ceux d’une com-mune voisine cernèrent à leur base un groupede montagnes et en gravirent les flancs, defaçon qu’à la cime de la Cordilière, le cercleformé par les chasseurs s’étant beaucoup ré-tréci , l’animal se vit forcé de subir le sortqu’on lui réservait (l). (D. Pucjieran.)
CERFS FOSSILES, paléont. — Dansles lieux où se rencontrent des ossements deBœufs, c’est-à-dire dans les terrains meu-bles , les tourbières, les cavernes et les brè-ches osseuses, on trouve diverses espèces deCerfs , dont tous les naturalistes regardentquelques unes comme éteintes. Les dépôtstertiaires qui contiennent des os de Mas-todontes, de Rhinocéros et de Dinothé-rium , en offrent également plusieurs dif-férentes de celles qui vivent aujourd’hui ;mais il n’est guère possible de se prononcersur le rejet ou l’admission de toutes cel-les qu’on a établies depuis quelques an-nées , parce que les difficultés inhérentesà la détermination des os fossiles sont aug-mentées, pour ce genre, par la singulièrepropriété qu’elles offrent toutes de perdreet de reproduire annuellement un bois quivarie presque toujours de forme, dans lespremières et les dernières années de la viede l’animal. Avec quelque soin, on peut seprocurer en un petit nombre d’années unesérie de perches des espèces vivantes, pri-ses dans les différents âges , et avoir ainsisous les yeux les transformations que ces ex-croissances subissent avant d’arriver à leurétat parfait. Quant aux espèces fossiles,cette opération offre de très grandes diffi-cultés; elle demande une longue suited’observations que le temps seul peut ame-ner, car on trouve souvent des perchesde différents âges détachées de leur crâne ,et par conséquent sans autre indication queleur forme pour la distinction des espèces ;et, tant qu’on ne possédera pas la série des
(i) M Bennett ( Proc , i81o-i83i, p. 27) a décrit la Bichetl’im C*’i f nn<|U‘’l il a donne le nom de Cervus humilit• Celtejjjelie venait du Chili .