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Tome troisième.
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dans le même ordre que celui dans lequelils avaient dû paraître sur la surface de no-tre globe infiniment petit. Leur mode declassification est à peu près celui de Cuvier ,mais retourné. Or, ce qu’il y a de bien sin-gulier, c’est que Cuvier lui-même, dans sonHistoire des Ossements fossiles , vient sanc-tionner d’une manière puissante la ration-nalité de cette méthode , que Lamarck n’apas su suivre, et que Cuvier n’a pas voulusuivre. Sa paléontologie prouve par desfaits , que les animaux et les végétaux lesnlus simplement organisés ont occupé lesplus anciennes couches géologiques, et qu’àmesure qu’on remonte de couche en cou-che jusqu’aux terrains de dernière forma-tion, cette organisation se complique et passesuccessivement par tous les degrés intermé-diaires de complication, depuis le plus ho-mogène zoophyte jusqu’à l’Homme. Il neresterait donc plus, pour avoir une méthodelout-à-fait dans l’ordre de la création, ordre,selon moi, le seul naturel , que de renoncerà la série linéaire non interrompue , d’ad-mettre dans la classification des embranche-ments parallèles , et de déterminer, ce quiserait le plus difficile,où ces embranchementscommencent et où ils finissent.

Dans cette classification dont la naturefournit les éléments, les Cétacés paraissentpour la première fois au sein des terrainstertiaires : les Dauphins, les Ziphius, moitiéDauphins , moitié Cachalots , puis lesEpau-lards, et enfin les Lamantins. Ce sont lespremiers Mammifères habitants de la terre,car la Sarigue, Didelpliis Bucklandi, est con-testée pour son gisement par les plus savantspaléontologistes. Les Cétacés suivent les Me-galichtliys moitié Poissons, moitié Lézards ,de la première époque, les Reptiles mons-trueux et les Cetiosaurus ou Baleines-Lézardsd'Owen , de la deuxième époque. Ils précè-dent immédiatement, dans la troisième épo-que, les Carnivores amphibies, tels que lePhoca fossilis , etc. ( Voir Huot, Cours deGéologie, tom. I, p. 237 et suiv., etc. )

En comparant les Cétacés aux autres Mam-mifères , on trouve que les organes dont ilssont privés, comme le bassin par exemple,manquent, non par oblitération d’une par-tie précédemment développée, mais pardéfaut de développement d’une partie res-tée à l’état rudimentaire. Il n’y a pas avorte-

ment, dégénérescence de l’espèce, ainsique le pensent la plupart des naturalistes;seulement l’espèce ne s’est pas perfectionnéeou, si l’on aime mieux, modifiée par unecomplication d’organes.

Dans le premier cas, celui où les partiesmanqueraient par oblitération , les Cétacésseraient venus après les autres Mammifères;et devraient alors occuper la place queCuvier leur donne dans sa classification.Dans le second cas, les Cétacés auraient pré-cédé les autres Mammirères dans l’ordre dela création, ce qui est démontré, commenous l’avons dit, par les belles découvertespaléontologiques de Cuvier lui-même, et cenaturaliste ne les aurait pas mis à leur placedans sa classification.

La solution de celte question est d’unehaute importance en histoire naturelle, nonseulement pour le perfectionnement de laméthode, mais encore pour la philosophiede la science. C’est par elle seule qu’on peutarriver à la connaissance approfondie d’unefoule de faits jusqu’à présent mal expliquésou restés sans explication.

Considérés en général, les Cétacés formentun ordre parfaitement tranché. Tous habi-tent les eaux, et ont une conformation qui neleur permet pas d’en sortir: aussi les an-ciens les prenaient-ils pour des Poissons.Sur la terre, la masse énorme de leur corpsne leur permettrait pas le moindre mouve-ment; et, il y a plus, le poids de la partiequi se trouverait regarder le ciel écraseraitla partie qui toucherait à la terre. C’est cequi arrive quand ces monstrueux animauxviennent échouer sur la plage : ils s’aplatis-sent, s’affaissent au point que les viscèrespressés par un poids considérable ne peu-vent plus remplir leurs fonctions. Larespiration devient d’abord pénible, quoi-que les poumons soient, au moins dans lesSouffleurs, environnés défibrés musculairesqui augmentent beaucoup la puissance del’organe: puis elle devient impossible, etl’animal meurt en fort peu de temps as-phyxié, quoique plongé dans le seul élémentrespirable pour lui. Sa force musculairen’est nullement en rapport avec l’énormitéde sa taille, et cela par une loi générale de lanature qui fait décroître cette force en raisoninverse et proportionnelle du développementde la taille, dans tous les animaux.