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Tome troisième.
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CËT

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En conséquence, pour que les Cétacéspuissent se mouvoir et changer de place ,il leur faut un élément qui soutienne leurmasse sans trop la comprimer, et qui luiserve de point d’appui sans lui opposer tropde résistance : l’eau est cet élément. Tousmanquent de pieds de derrière ; mais leurcorps plus ou moins cylindrique, toujoursallongé, se termine postérieurement par unequeue épaisse et une nageoire cartilagineuse,horizontale, qui les remplace avantageuse-ment dans les fonctions qu’elle doit rem-plir. C’est à l’aide de cette queue qu’ils sepoussent en avant pour nager; et leurs bras,ou nageoires de devant, ne leur serventguère qu’à se maintenir dans l’attitude quileur est naturelle ou à se diriger à droiteou à gauche. La position horizontale des na-geoires de la queue fait que ces animaux ontune manière de nager tout-à-fait différente decelle des Poissons ; ces derniers, ayant la na-geoire caudale verticale, poussent l’eau dedroite à gauche, et de gauche à droite, tan-dis que les Cétacés la poussent du haut enbas et de bas en haut. Cette organisationleur donne une grande facilité pour plonger,mais il en résulte aussi qu’ils ne peuventparcourir la surface que par des mouve-ments ondulatoires, si prononcés dans lesMarsouins, qu’on les croirait toujours dispo-sés à fairela culbute.Leur tête, ordinairementfort grosse, tient au corps par un cou siénorme qu’ils paraissent ne point en avoir.Leurs extrémités antérieures ont les os apla-tis, raccourcis , recouverts d’une membranetendineuse, ce qui leur donne toute l’appa-rence de véritables nageoires dont, en effet,elles remplissent les fonctions. Ces animauxrespirent l’air en nature : aussi ont-ils despoumons et non des ouïes, et ne peuvent-ils habiter que la surface et non le sein deseaux. Ils plongent avec facilité, ainsi quenous l’avons dit; mais, comme les Mammifè-res, ils ne peuvent rester sous l’eau qu’untemps limité fort court, de dix à vingt cinqminutes au plus, et sont obligés de venirrespirer l’air à la surface. Leurs oreilles sontouvertes à l’extérieur par des trous fort pe-tits, et entièrement dépourvues de conqueextérieure; leur sang est chaud; leur cir-culation double; ils font des petits vivants,et non des œufs ; la femelle porte des ma-melles au moyen desquelles elle les allaite,

et la réunion de tous ces caractères en faitune classe de Mammifères tout-à-fait à part.

Outre ces caractères généraux, les Cétacés en présentent d’autres, particuliers à cer-tains individus, d’où l’on a dû les séparer enplusieurs divisions, dont on a fait des famil-les, qu’on a ensuite subdivisées en genres.Ces animaux sont fort peu connus, faute defacilité pour les étudier; car leur grosseur,les mers lointaines et glacées qu’ils habi-tent, ne permettent aux naturalistes ni deles avoir dans des cabinets d’histoire natu-relle, ni d’aller les observer sur les lieuxoù les baleiniers seuls vont les chercher. Celaétant, avant d’entrer dans les détails indis-pensables pour faire connaître leurs divi-sions méthodiques , il est nécessaire quenous jetions un coup d’œil rapide sur leuranatomie.

La colonne vertébrale est, chez eux, com-posée d’un nombre variable de vertèbres,selon les espèces ; cependant, les vertèbrescervicales sont constamment au nombre desept,exceptéchezle Lamantin, qui n’en a quesix. Elles sont toujours fort minces, et toutessoudées les unes aux autres chez les Ba-leines, ce qui rend le mouvement de la têteimpossible; les six dernières seulement sontunies dans les Cachalots , ce qui permetun léger mouvement par le glissement descondyles occipitaux sur l’atlas, qui lui-même peut éprouver une très légère flexion.Les Dauphins et les Marsouins n’ont ordi-nairement que les deux premières ankylo-sées ; enfin, dans les Dugong, Lamantin,Plataniste et Rorqual, elles sont libres, sansque pour cela les mouvements de la tètesoient très aisés. Les vertèbres dorsales , ennombre variable, selon les espèces, ont leursapophyses épineuses de même longueur queles transverses, penchées en arrière et s’al-longeant progressivement de la première àla dernière. Les vertèbres lombaires ont lesapophyses épineuses également très lon-gues , mais droites ou dirigées en avant.Comme le bassin manque, ou du moins n’estpas articulé à la colonne vertébrale, lesvertèbres sacrées se confondent avec leslombaires et les coccygiennes. Les apophy-ses de ces dernières s’oblitèrent successive-ment.

Le sternum est large, court, d’une seulepièce dans les Baleines, généralement de