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Tome troisième.
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dernier rapport surtout, les landes du njrdde l’Asie laissaient beaucoup à désirer. En-lin les observations de M. Roulin parais-sent démontrer que ces grandes troupesd’Alzados résultent seulement de la réunionpeut-être fortuite de familles semblables àcelles des Tarpans. En Amérique comme enSibérie , chaque étalon possède un certainnombre de juments qu’il protège avec cou-rage et surveille avec jalousie. Pendant lejour , ces familles se réunissent et se mêlentpour paitre en commun ; mais, tous les soirs,les mâles rassemblent leurs femelles, etchaque petite bande, sous la conduite de sonchef, gagne sa retraite de nuit. Celle-ci estune espèce de gîte dont on ne change quepar nécessité.

Au reste, quel que soit le nombre de Che-vaux qui se sont ainsi réunis, leurs mœursrestent les mêmes. Ils mènent toujours unevie errante au milieu des pâturages où ilstrouvent leur nourriture. Chaque bande oc-cupe un canton d’une étendue proportionnéeà ses besoins, le regarde comme son do-maine, et en défend l'approche aux hordesétrangères. Le fourrage vient-il à manquer,on se met en route sous la conduite des chefs.Ce doit être pour les voyageurs un spectacleà la fois admirable et terrible que celui deces migrations de dix mille Chevaux traver-sant en liberté les plaines sans bornes duNouveau-Monde, et ébranlant le sol sousleur galop cadencé. Précédés par des éclai-reurs, ils marchent en colonne serrée querien ne peut rompre. La colonne elle-mêmeest subdivisée en pelotons, tous composésd’un mâle et de ses femelles. L’avant-garde signale-t-elle une caravane , un grosde cavalerie, aussitôt les mâles qui se trou-vent en tète se détachent, vont reconnaîtrede l’œil et de l’odorat. Puis, au signal de l’und’eux, la colonne entière charge l’ennemi, oubien se détourne et passe à côté, en invi-tant par des hennissements graves et prolon-gés les Chevaux domestiques à les rejoin-dre. Il est rare que cet appel ne soit pas en-tendu ; et, à l’approche de ces Alzados, lesvoyageurs doivent se hâter d’attacher soli-dement leurs Chevaux, pour les mettre horsd’état de fuir. L’oubli de cette précautionentraînerait presque à coup sûr la perte deleurs montures.

Ce n’est pas seulement dans l’Amérique

du Sud que les Chevaux se sont ainsi mul-tipliés à l’état sauvage. On en trouvait éga-lement dans la Floride ; mais les habitantsont été obligés de les détruire, afin de pou-voir conserver leurs Chevaux domestiquesqui se laissaient trop facilement embaucherpar ces individus affranchis.

A côté de ces races qui ont reconquis touteleur liberté première, il s’en trouve plu-sieurs qui servent pour ainsi dire d’intermé-diaires entre elles et les races les plus entiè-rement soumises. Il faut ranger dans cenombre les Chevaux d’Islande, que leursmaîtres laissent paître sur les montagnes ,sauf à les reprendre quand le besoin s’enfait sentir. On doit encore y rapporter cestroupeaux que les Cosaques du Don guidentsans les garder dans les déserts de l’Ukraine ,et qui obéissent moins à. leurs propriétairesqu’aux chefs qu'ils se sont choisis. Nous pla-cerons à côté de ces derniers les Chevaux dela Finlande , qui passent l’été dans une indé-pendance absolue, vivant en troupes à la ma-nière des Tarpans, mais qui reviennent pen-dant l’hiver au toit qu’ils connaissent. -Enfin,nous mettrons dans la même catégorie lesChevaux de la Camargue ou delta du Rhône.On croit dans le pays que ces derniers pro-viennent de Chevaux barbes abandonnéspar les Sarrasins sur celte plage isolée, lorsde quelques unes des descentes qu’ils fai-saient jadis sur nos cotes. Entièrement livréeà elle-même, celte race a sans doute dégé-néré ; mais elle est encore fort belle, et a sur-tout conservé la plupart des qualités pré-cieuses qui distinguent ses ancêtres suppo-sés. Les Chevaux de la Camargue ont lepied remarquablement sûr, et, une fois sou-mis , ils sont fort dociles et pleins de feu ;mais il faut les contraindre à obéir dès lepremier jour où l’on cherche à les monter,sans quoi ils restent presque indomptables.

Section IL /inces_ domestiqiti’.s.

L’asservissementduCheval semble, avons-nous dit, dater de l’époque même où l’es-pèce humaine vint prendre possession de laterre comme d’un domaine préparé pour ellepar le Créateur; mais, pour entrer en jouis-sance de ce patrimoine , elle devait vaincrebien des obstacles, soutenir bien des com-bats. Dans cette lutte, le Chien fut sarisdoute son premier auxiliaire , le Cheval le