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second. Comme le Chien , il dut suffire à luiseul à mille besoins ; et son espèce se pliantavec une merveilleuse facilité à chaque né-cessité nouvelle, à chaque caprice même deson maître, il en résulta un nombre de ra-ces presque infini. Avant d’entrer sur ce su-jet dans quelques détails, essayons quelquesremarques générales sur les modificationsque l’homme et la nature ont fait subir àl’animal qui nous occupe.
Fr. Cuvier s’est plaint de ce que, dans ladistinction des diverses races , on s’étaituniquement préoccupé des caractères phy-siques et anatomiques, en négligeant entiè-rement les qualités morales. Cette observa-tion nous semble très juste. Ces qua-lités varient autant que l’extérieur ducorps. Le Cheval est un animal générale-ment intelligent , affectueux et doué debeaucoup de mémoire; mais cet ensemblese modifie par l’éducation , par l’influencedu milieu où il se trouve placé. On re-trouve, chez les Chevaux comme chez leshommes, la hardiesse ou la poltronnerie, lapatience ou l’irascibilité, une perceptionvive et nette, ou lourde et embarrassée. Orces différences de caractères se transmettentpresque aussi sûrement que les formes etles proportions du corps : elles caractérisentégalement les races. Aussi Buffon veut-ilque, dans le choix des étalons, on se préoc-cupe autant de ces vices, de ces vertus, quede la vigueur et de la beauté; et cette recom-mandation nous parait avoir une haute im-portance. Que ferez-vous d’un nouveau Bu-céphale, s’il ne veut souffrir ni la selle ni leharnais, s’il met à chaque instant la vie deson maitre en péril ?
Mais pour que l’intelligence et les qualitésaffectives du Cheval se développent danstoute leur étendue, il faut que l'homme luivienne en aide; il faut qu’il le traite en com-pagnon, en ami, non pas en esclave. Sous lefouet de nos charretiers le Cheval s’abrutit,et dégénère au moral plus encore peut-êtrequ’au physique. Cet animal, comme tous lesautres, a besoin de ne recevoir que des im-pressions nettes et précises. Comment serait-il possible qu’il en fût ainsi, lorsque l’idéede devoir s’allie sans cesse chez lui à l’idéeet à la peur du châtiment ? Son cerveau nerecevant plus que des impressions confuses,l’association des idées devient impossible ;r. m
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l’ardeur et la bonne volonté font place audécouragement, à la paresse, et quelquefoisà un désir de vengeance. Mais si vous pro-fitez des heureuses dispositions que lui dé-partit la nature ; si, armé de patience et dedouceur, vous vous adressez à son intelli-gence et à ses penchants affectueux , vousobtiendrez les mêmes résultats que l’Arabe,vous les dépasserez même. Pour prouverce que nous avançons ici, il nous suffira derappeler à nos lecteurs les merveilles qu’unefoule sans cesse renouvelée court admirertous les soirs au Cirque des Franconi.
La couleur du pelage ne peut guère êtremise au nombre des caractères essentielsdes races. Presque toutes produisent desChevaux de tous poils ; cependant il enest quelques unes qui semblent affection-ner certaines couleurs ; ainsi les Chevauxbarbes sont généralement gris ; les an-dalous noirs ou bai-marron. Les Chevauxdanois sont presque les seuls qui présententassez souvent ces robes à couleurs singu-lières, connues sous le nom de robes pies outachetées.
La variation de la taille est au contraireremarquable et caractéristique dans plu-sieurs races de Chevaux. En général, onpeut dire que celles qui viennent des paystempérés l’emportent sous ce rapport surles races exposées à un excès de froid ou dechaud. Les plus grands Chevaux connus,ceux dont les proportions ont quelque chosede colossal qui rappelle nos Chevaux debronze, se trouvent en France , où ils serventau halage des bateaux sur le bord de quel-ques grandes rivières, et en Angleterre où ilssont connus sous le nom de Chevaux debrasseurs. Les plus petits , au contraire , setrouvent, dans le Nord , en Irlande et sur-tout aux îles Shetland ; au Midi, dans lesprovinces méridionales de la Chine et del’Inde . Mais l’influence du froid et de la cha-leur, quoique diminuant également la taille,produit sous tous les autres rapports des ef-fets bien différents. Les petits Chevaux ir-landais et shetlandais sont robustes, agileset pleins de feu ; tandis que ceux qu’ontrouve dans l’Inde et la Chine sont faibles,chétifs, et d’un fort mauvais service.
La nature même du terrain semble pro-duire des résultats analogues. Sous unemême latitude, les Chevaux de montagnes
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