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Tome troisième.
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- aristocratiques de l'espèce chevaline, il enest dont les titres bien en règle remontent àplus de quatre cents ans. Les juments decette race ne sont couvertes que par un éta-lon de même sang, et en présence d’un té-moin qui reste près d’elle pendant vingtjours , pour s’assurer qu’aucun étalon vul-gaire ne s’en approche. A la naissance dupoulain, ce même témoin est appelé, et doitsigner l’acte de naissance, qui est expédiéjuridiquement et dans les sept jours qui sui-vent l’accouchement.

Avant d’être regardé comme appartenantà cette race noble, un Cheval arabe doitfaire ses preuves. Le poulain , jusque là li-vré à toute sa liberté, est conduit à son maî-tre. Celui-ci lui saute sur le dos, et le lanceà fond de train au milieu des sables et desrochers du désert. Il lui fait faire ainsi unecourse de 12 ou 15 lieues, puis il le force àse jeler à la nage tout haletant et couvert desueur. L’animal, au sortir du bain, doit semontrer plein d’ardeur. S’il résiste à cetteépreuve, son caractère est définitivementétabli, et il est reconnu pour un digne des-cendant de la race Kochlani.

Il est très difficile de se procurer en Eu-rope des Chevaux Kochlani. La plupart deceux qui ont été achetés sous ce nom ap-partenaient en réalité à des races inférieu-res. Cependant, il est possible d’obtenir à prixd’argent quelques étalons. Mais il n’en estpas de même des juments : les Arabes nes’en défont à aucun prix. Seules elles trans-mettent la nohlesse , et c’est toujours par lesmères que se comptent les généalogies. Ona grand soin de les préserver de toute mé-salliance, et quand cela arrive, par hasard,le poulain est regardé comme appartenant àla race du père. Au contraire, on fait sou-vent couvrir des juments de race inférieurepar des étalons Kochlani, et le poulain estréputé de la race maternelle.

Indépendamment de la race privilégiée,les Arabes en possèdent deux autres. LesKadischi , littéralement Chevaux de race in-connue , répondent à nos demi-sang, ou sangmêlés. Ce sont d’excellents Chevaux, aux rquels il ne manque souvent que des parche-mins pour avoir la même valeur que les vraisKochlani. C’est à cette race qu’appartien-nent la plupart des Chevaux arabes qu’onvoit en Europe . La race la plus inferieure

porte le nom d ’Aucchi. Ce sont des Che-vaux fort ordinaires, qu’on n’emploie guèreque pour les services les plus communs.C’est probablement de celte race que des-cendent les quelques Chevaux libres qu’ondit exister dans quelques parties sauvagesde l’Arabie, et que les habitants du payschassent avec ardeur comme un gibier desplus estimés.

Race barbe. Cette race, qui paraît descen-dre de la race arabe, s’en rapproche peut-être plus qu’aucune autre par sa vigueur, lalongueur de sou haleine, et la rapidité de sacourse. Les formes en sont plus agréables, etson encolure surtout flatte bien davantageles yeux: aussi est-elle très recherchée pourle manège. Le fameux Cheval, connu desAnglais sous le nom de Oie Codolphin am-bian , appartenait à'cette race. Il fut achetéà Paris , où il traînait la charrette d’un por-teur d’eau, et transporté en Angleterre. Il ydevint le père de quelques uns des plus il-lustres coureurs , et contribua puissammentà relever la race anglaise dégénérée. LesChevaux barbes nous viennent principale-ment du Maroc et du pays de Fez .

Race Dongnlu. Le royaume de Dongolaet les districts voisins, placés entre 1’Égyptcet l’Abyssinie, fournissent une race de Che-vaux qui , au dire de Bruce, ne le céderaiten rien aux deux précédentes. Ils ont la taillebeaucoup moins longue à proportion queles Chevaux arabes, mais sont égalementagiles, robustes , intelligents, et très atta-chés à leurs maîtres.

Ces Chevaux sont regardés comme lesmeilleurs du nord-est de l’Afrique . Leurspropriétaires prétendent que ce sont les des-cendants d’un des cinq Chevaux sur lesquelsMahomet et ses compagnons s’enfuirent dela Mecque à Médine dans la nuit sacrée del’Hégire.'Les étalons de cette race sont plusestimés que les juments. Leur prix est trèsélevé. Bosman assure en avoir vu un qui futvendu au Caire pour une somme équiva-lant à mille livres sterling ou 25,000 francs.

Races turkomane et circassienne. La con-trée qui s’étend au sud de la Tartarie, aunord-est de la mer Caspienne , et qu’on dé-signe sous le nom de Turkistan , a de touttemps été renommée pour ses excellentesraces de Chevaux. On leur reproche, il estvrai, d’avoir les jambes trop longues, la tôle