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Tome troisième.
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« Feras-tu bondir le Cheval comme ia jSauterelle? Le son magnifique de ses narinesest effrayant. »

« Il creuse la terre de son pied ; il s’égaieen sa force ; il va à la rencontre des hommesarmés. »

« II se rit de la frayeur ; il ne s’épouvantede rien , et il ne se détourne point de devantl’épée. »

« II n’a point peur des flèches qui sifflentautour de lui, ni du fer luisant de la hal-lebarde et du javelot. *

« Il creuse la terre plein d’émotion et d’ar-deur au son de la trompette, et il ne peut seretenir. »

« Au son bruyant de la trompette, il dit :

^ ih! Ali'. Il flaire de loin la bataille, le ton-nerre des capitaines et le cri de triomphe. »

D’une sobriété extrême, le Cheval arabene demande à son maître que cinq ou sixlivres d’orge , et quelquefois un peu depaille hachée ; doué d’un fond d’haleineinépuisable, il fait habituellement 18 à 20lieues par jour, quelquefois davantage. Touten lui annonce la vigueur, la force et labonté ; et ces qualités précieuses qu’il a re-çues de ses ancêtres, il les transmet à sa pos-térité. Toutes les races s’améliorent en seretrempant à celte source si pure. Cellesmême qui lui sont supérieures pour lataille, et dont les formes sont très diffé-rentes, s’ennoblissent par le mélange de sonsang généreux.

Élevé dans la tente commune, et faisantpour ainsi dire partie de la famille, le Che-val arabe a pour son maître l’attachementet la fidélité du Chien . Il se montre quelque-fois l’émule de cet animal par la sûreté deson instinct. Lorsqu’un Arabe tombe de soncoursier et ne peut se relever, celui-ci s’ar-rête , et reste auprès de lui en hennissantjusqu’à ce qu’il arrive du secours. Si quel-quefois, vaincu par la fatigue, le cavalierse couche pour dormir au milieu du désert,il se tient tranquilleà ses côtés; mais, à l’as-pect d’un autre homme, il hennit, et ré-veille celui qui semble somrpeiller sous sagarde. En revanche, il n’est rien au mondeque l’Arabe préfère à son Cheval, ou mieuxà sa jument, car c’est pour cette dernièrequ’il semble réserver toute son affection.On trouve, dans les récits des voyageurs,Mille exemples de cet attachement. Un vieil

Arabe possédait une jument qui l’avait portédans maintes rudes batailles, dans bien descourses rapides. Parvenu à l’âge de quatre-vingts ans , et ne pouvant plus la monter ,il la céda à son fils aîné , en lui faisant pro-mettre de ne jamais se livrer au repos avantd'avoir pourvu à tous ses besoins. A la pre-mière escarmouche, le jeune homme fut tué,la jument tomba entre les mains de l’en-nemi. En apprenant celte nouvelle, le vieil-lard s’écria : «J’ai trop vécu, puisque j’aiperdu à la fois mon fils et ma jument! » Eten disant ces mots, il expira.

L’Arabe tient à la réputation de sa jumentautant qu’à son propre honneur. Sir JohnMalcolm rapporte à ce sujet une anecdotecaractéristique. Un scheick des environs deBassorah , avait de magnifiques haras. Unede ses meilleures juments disparut sansqu’il pût découvrir si elle s’était égarée ousi elle avait été dérobée. Quelque tempsaprès, sa fille s’enfuit avecun jeune hommed une autre tribu qui l'avait plusieurs foisdemandée en mariage, sans obtenir le con-sentement du père. Celui-ci monta à chevalavec ses amis, et poursuivit le ravisseur,mais en vain. Les deux amants échappèrentà leur poursuite, grâce à la rapidité de leurmonture; et le vieux chef jura qu’ils de-vaient être portés par le diable ou par la ju-ment qu’il avait perdue. Il apprit bientôtqu’il avait deviné juste : l’amant de sa filleétait le voleur de sa jument, et s’était servide cette dernière pour enlever sa maîtresse.Le scheick, heureux de voir qu’il n’avait pasété battu à la course par un Cheval étran-ger, se réconcilia avec le jeune homme, àcondition que celui-ci lui rendrait sa chèrejument.

Ce n’est pas sans peine que les Arabes sont parvenus à produire , à conserverleurs admirables Chevaux. Leur race noblequ’ils nomment h'ochtani , Koltejle ou Kai-Ihan, est pour eux l’objet de soins dontnous avons peine à nous faire une idée.Chaque Cheval a sa généalogie mieux tenue,et plus authentique peut-être, que celle denos plus fiers barons. Les Arabes donnentdeux mille ans d’existence à la race Koch-lani, et prétendent qu’elle a pris naissancedans les haras de Salomon. S’il y a un peude l’hyperbole orientale dans ces préten-tions, toujours est-il que, parmi ces familles