CIIE
chè
lionne l’existence d’une Chèvre sauvage qui,en Syrie , porte le nom de f'ahhl. Mais,comme le remarque Ehrenberg, l’animaln’a, jusqu’à présent, été observé par aucunzoologiste, de sorte qu’on n’est point auto-risé à le rapporter à l’espèce de la C. Si-iiaiiica. Pour l’ouest, les renseignementssont encore plus incomplets, et M. HamiltonSmith, en donnant comme probable l’exis-tence du Bedden dans l’Atlas, ne cite mal-heureusement pas ses autorités.
Aristote a dit (1), et Pline a répété aprèslui (2), que l’Afrique n’a point de Chèvressauvages. Cela ne prouverait pas absolu-ment que le naturaliste grec a ignoré l’exis-tence du Bedden dans la Haute-Égypte ,puisque souvent, chez les anciens, le motAfrique désignait le pays limité à l’ouestpar la chaîne libyque. Au reste, il est trèsprobable qu’Aristote n’a jamais rien apprissur le Bouquetin d’Égypte, qui est resté in-connu même à Elien. En effet, l’animal quecet écrivain, dans sa précieuse compilation,désigne sous le nom de Chèvre libyque, n’estautre chose que le Mouflon à manchettes.
6 . Le Bouquetin Waiie ( Capra WalieRüpp.).—Sauf dans les traits d’organisationet de moeurs qui sont communs à tous lesBouquetins, le Walie et le Bedden ne se res-semblent guère, et si on les a d’abord con-fondus, c’est uniquement parce qu’ils habi-tent l’un et l’autre des pays silués à l’ouestde la mer Rouge , des pays traversés par leNil . Le Walie a beaucoup plus de rap-ports avec notre Ibex , dont il se distingued’ailleurs bien nettement par diverses par-ticularités, et notamment par la configura-tion de sa tète osseuse. Son front, en effet,porte à la partie moyenne une éminence el-liptique dont le grand diamètre , dirigéd’arrière en avant, occupe à peu prés letiers moyen de l’espace compris entre lebord supérieur et le bord inférieur des fron-taux; en outre, son nez est plus busqué,presque comme celui d’un Mouton . — Lescornes sont, chez les mâles, grandes et fortes,et tellement semblables à celles de notreBouquetin des Alpes , que les différencesn’excèdent pas celles qu’on rencontre en
{*) • In Africa non aper, non cervus, non Capra aylpestris«st.n Aristote , Hist., anim., lib. VIII , cap. a8.
( a ) « In Africa autem nccapros. nec cervos, ner Ca-' prtas, nec ursos, ■ Plin., Ifin, nattir., lib. IX , rap. 58.
T. III.
. f r21
comparant les cornes d’individus apparte-nant à une même espèce. Peut-être la facepostérieure est-elle un peu plus arrondie.D’ailleurs, l’aplatissement des deux faceslatérales qui rencontrent à angle droit laface antérieure également plane, l'arête quilimite extérieurement cette dernière, le fi-let saillant qui, du côté opposé, la sépare,de la face externe, tout est semblable depart et d'autre, jusqu’à la forme des bourre-lets transverscs, dont chacun représente unesorte de corniche avec sa marge supérieurebien plate et sa doucine à double inflexion.M. Rüppel dit que les cornes du Walie sontbeaucoup plus grosses que celles de l’Ibex ;mais s’il y a une différence à cet égard, ellen’est pas grande, comme on peut s'en assu-rer en établissant pour les deux especesquelques rapports de dimensions (1). Les fe-melles ont, comme dans toutes les espècesconnues, les cornes beaucoup plus petiteset autrement configurées que les mâles (2J.— Barbe. La femelle, d’après ce que Rüppelapprit des gens du pays, est complètementprivée de cet ornement. De deux individusmâles observés par notre voyageur, l’un,en raison de son âge, devait être imberbe;l’autre, plus grand, mais qui n'avait pasencore sans doute atteint tout son dévelop-
(i) Je prendrai pour terme de comparaison un des Ibe«conservés dans notre galerie zoologiqne, relui qui setrouve, dans la note de la page 5i*,désigné par la lettre E ;il offre aussi, comme l'individu décrit par Rüppel. un nantiqui forme la base de la corne , dont le contour mesuréen ce point est de ?.t> centimètres , la hauteur de l’animalau garrot étant 75 cent. Citez l’autre Bouquetin , ces deuxdimensions sont, d’une part, ?. pieds 7 pouces, et de l’antre,10 pouces a lignes , ou , en réduisant le tout en lignes, 37a 1et 122 ; or 75 : 26 : : 372 : ia4 , d'où l’on voit qu’il manquedeux lignes nu contour de la corne du Bouquetin Abyssinpour qu’elle soit proportionnellement aussi grosse que cellede notre Ibex . Relativement à la longueur, la différence, tou-jours très petite, est en sens inverse : mesurées le long deleur courbure extérieure . les cornes ont, chez notre Ibrx,5a centimètres, tandis que celles du Walie , qui , pour êtredans le même rapport avec la taille prise au garrot, de-vraient avoir 21 pouces i/a seulement, en ont en effet 23.Si j'avais employé pour cette comparaison . an lien des me-sures que j’ai prises moi-même, celles que donne Girtannerau Bouquetin d’Aigle observé à deux et à trois ans, l'avan-tage pour la longueur romme pour la gro-seur eût été ducôté de l'animal Abyssin ; mais le Bouquetin de Girtanneravait été pris fort jeune, et. par suite de l’état de captivité .le développement de ses cornes pouvait bien n'avoir pas ététout-à-fait normal.
(a> On assura à M. Rüppel que ces cornes étaient nrrnn»dies (lugerundete) \ mais suns doute par cette exptession,on voulait seulement dire qu’elles n’offraient point de viraarête.
zr