Band 
Tome troisième.
Seite
520
JPEG-Download
 

h10

CliE

pour celte espèce fort différente de ce qu’elleest dans les autres. Ce qui tendrait à fairecroire que ces époques sont à peu près lesmêmes que pour l’ibex des Alpes , c’est que,en novembre, les vieux mâles au lieu de setenir isolés, comme c’est leur coutume pen-dant la plus grande partie de l’année, s’é-taient déjà réunis aux troupeaux de Chè-vres , ce qui indiquait comme très pro-chaine la saison des amours (1).

La distribution géographique, sans être en-core parfaitement déterminée pour cette es-pèce, l’est beaucoup mieux que pour la plu-part des espèces précédentes. Seetzen (2; etpuis Burkhardt (3) ont constaté son existencedans la chaîne qui borde à l’orient la plaineque parcourt le Jourdain, et dans plusieursdes montagnes à l'est de la mer Morte ; le pèreAgnelli (4), Ehrenberg et d’autres voyageursl’ont observé dans le groupe du Sinaï ;Ehrenberg l’a constatée également de l’au-tre côté de la mer Rouge , dans la hautemontagne de Gareb, située non loin duNil , entre les 27 e et 28° degrés de latitudenord (5). Le Bedden remonte-t-il vers le

(i) « Iti vallibtis Sinaïtiois, nobis iter faeientibus, qun-■ ternæ, ortonæ et vice»» monta»» cnpr» nen raro ob-

• viam fiebnut, uno eodemquc die sœpe itrrata vice greges» vidimns. Semper jn somma prœniptaque rupe aut lente» ingrediebnntur aut tranqnilli ad nos in ima valle itinc-» ranteS despiriebant. !» summo fastigio rupis semper ma-» rem promoto et oldiquo capite conitilnis validis insignem

• viditmis. » ( Eltrenb. et Ilempr. Symboles physicœ.)

(j) Seetzen , Mém. pour servir à la connaissance clés tri-bus arabes en Syrie et dans l'Arabie déserte et pêtrée (datéde Saint-Jean d’Acre, juin iSo£ ) Voyez Annales des Voyagest. VIU , pag. 3i3.

( l) Bm-ckhardt. Trawls in Syria and the Hol) tand, p.

(4) Rüppel. N eue U’ierbcltkiere zu der fauna von Abyssinnien-gehortg , Francfort , i83i>-4o, in-fol., p. i;.

(à) • Uuæ il!» quas ex Ægypto superiore allntas habui-

• mus, et tertio quant vivam a præfecto Cosseirensi Tureo

• dono acceperam, ex altissimo monte Gareb, qui ex ndvorso

• oppidi Siut médius inter Cosscir et Sues in maris Rubri lit»

• tore est , et altitudine summos montes Sinaiticos æquare

• videtur, dclat» fuerunt ; il lie enim Bedden vagari Bediuni» tinrrabunt. » Il avait dit un peu plus haut : • In montibus

• proximè ad Cosseir et qui inter oppidum Cosseir et Nilum ,

« propè piigum Kiiieh sunt , montuuas captas hnbitare non

• andivimus nec viditmis. In montibus Toaerik etium et» Daraga qui proximè ad Sues sit» sunt, nulla vestigia nec

• in rupibus nec in oro Arabum invenimus »

Forskal avait depuis longtemps signalé l’existence d'unBouquetin sur les bords de la tuer Rouge , mais sans l'indi-quer comme constituant une espère particulière; l’animalligure dans la liste des Mammifères qu’il a observés enEgypte , avec une noie indiquant qu’on l’a aussi amené tlvrHedsjaîi. Forskal perdit l’occasion de le voir de ce côté dela mer Ronge, renonçant, pour soigner un compagnon ma-lade , » l’excursion qu’il avait projetée dans le Sinaï , mon-

CliÈ

sud jusqu’à Thèbes , où on le voit figurédans les peintures qui décorent un sépul-cre (1)? notre naturaliste n’en dit rien. Ilaffirme d’ailleurs de la manière la plus po-sitive que l’animal ne va pas jusqu’en Nu-bie (2); mais comme, évidemment, il n’apas eu de bons renseignements sur la faunedes régions méridionales, son témoignage àcet égard serait de peu de valeur s’il n’étaitconfirmé par celui de Büppcl, qui, connais-sant très bien l’existence de Bouquetins dansdes provinces plus rapprochées de l’équa-teur, dit néanmoins que le Bedden ne s’a-vance pas au sud au-delà du 24« paral-lèle (3).

Les limites géographiques au sud cl aunord paraissent donc assez bien connues;elles sont au contraire encore un peu va-gues dans les deux autres directions. I)ucôté de. l’est, plusieurs auteurs ont men-

tagne qui, n’ayant jn mais été visitée par un naturaliste , luipromettait une ample moisson.

(1) Voyez dans Hoskins ( Travels in Ethiopia , Lond., 1 835,in-4 , p. 328 ) la planche qui représente une grande pro-cession peinte sur un tombeau à Thèbes. La ligure du Bed-den y est parfaitement reconnaissable, et cependant elleest loin d’ètrc exacte , parce que le peintre a ajouté quelquechose à ce que lui présentait le modèle. Soit vivant, soitdessine, qu'il avait sous h S yeux. Son modèle était évidem-ment nu individu femelle , comme on le reconnaît à la cou-leur roux-rlnir de la robe, à la blancheur de la poitrine (lemale a celle partie brune), mais surtout à lu proportion desoreilles qui ont au moins la longueur des deux tiers de lutête , et à l’absence complète de in barbe. Pour en faire tminâlc, l'artiste a pensé qu’il sullisait de changer la forme descornes, et eette forme lui ôtant familière ( car les Egyptiens l’ont très souvent reproduite dans des vases et des orne-ments), il l’abicn rendue quant à l’aspect général ; mais quantaux détails, il a eu le tort de vouloir foire sentir des deuxcotés le relief des bourrelets transverses, ce qui fait paraît) ele bord concave dentelé comme le bord convexe. Le dessin,dans l’ouvrage anglais , est fort petit, et on peut douter qu’ilait rendu exactement les parties blanches et colorées despieds; cependant on distingue encore, à l’un des pieds dedevant, du blanc au-dessous du paturqn. La couleur blanchede l’abdomen est bien marquée , et les taches blanchâtres ala gorge et près du menton sont également bien observées.

( 2 ) * lu Ntihia de his animalibus nunquam audiviinus ,» sed illic Tragelaphus Capram mootannm refert, cujus spe-» cimen Berolinum attulinms. • (Ehr., loco citato.)

(3) Wngner, qui n’a point distingué le Bouquetin d’Abys-sinie du Bouquetin de la Haute-Égypte , parle d’une Chèvresauvage trouvée par Burckhaidt en Nubie aussi haut que laville de Sbendi ou Chemli, et dit que , comme ce voyageurn’en u point donné de description , on n’est pas reitarnqnVlle appartienne à l’espece du Bedden . Il est bien plus pro-bable qu’il s’agit ici de In Chèvre Walie , que Ruppel dit ha-biter les provinces de Gojnni et de Snmen, provinces quisunt situées entre le n e et le t4* degré de latitude, la villede Chendi étant cllc-mème par le 17 ” degré, et pas pinsdatante en longitude qu’en latitude.