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Les têtards ou larves de Grenouilles, Cra-pauds, Rainettes ou Salamandres, ont, lors-qu’ils viennent d’éclore, des branchies quine s’atrophient et ne disparaissent qu’à l’é-poque de la métamorphose, c’est-à-dire lors-que les poumons suffisent à une respirationcomplète qui remplace la respiration bran-chiale, également complète pendant quelquetemps. Il est évident, d’après cela , que laCirculation doit présenter des changementsen rapport avec la fonction respiratoire quivarie , et offrir des degrés de transition im-portants. Les détails que nous allons donnersuffiront pour faire apprécier et comprendrela Circulation branchiale des têtards de Ba-traciens.
Circulation branchiale du têtard de la
Salamandre crêtée, et modification de
ses vaisseaux.
Nous distinguerons trois périodes, pourrendre plus sensible la succession des chan-gements qui ont lieu.
Première période. Du coeur partent huittroncs , dont quatre de chaque côté. Lesdeux premiers troncs donnent, avant de sesubdiviser en filets branchiaux, un rameauexcessivement ténu qui se subdivise quel-quefois ; après cela chaque tronc, arrivé àl’extérieur de la tête, donne une multitudede petits vaisseaux. Ces branches se subdi-visent en un grand nombre de ramusculesqui constituent un véritable lacis vasculaired’où naissent autant de troncs semblablesaux précédents, et destinés à contenir le sangartériel. Le deuxième tronc donne, comme leprécédent, un petit rameau, avant de se divi-ser en un grand nombre de filets branchiaux.Le tronc résultant des capillaires branchiauxde la première brancliie envoie du sang ar-tériel à la tête après avoir reçu la petitebranche anastomotique excessivement ténuedont nous avons parlé plus haut. Le troncprovenant de la deuxième branchie s’anasto-mose avec celui de la première, et va s’ou-vrir dans l’aorte après avoir reçu le petitfilet anastomotique ou deuxième tronc. Lesang artériel provenant de la troisième bran-chie qui reçoit le troisième tronc va égale-ment dans la crosse de l’aorte ; chacune d’ellesfournit la pulmonaire et la vertébrale, puiselles convergent vers un même point, et deleur réunion résulte l’aorte descendante ;
enfin le quatrième tronc, le plus petit detous, très difficile à bien injecter à cause deson excessive ténuité, va déboucher dansl’artère pulmonaire.
Deuxième période. Elle arrive lorsque lesbranchies commencent à se raccourcir. Ceraccourcissement est déterminé par le dé-tour du sang des troncs branchiaux dans lesvaisseaux qui vont à la tête ou l’aorte des-cendante, au moyen des anastomoses despremiers et des deuxièmes troncs devenuestrès volumineuses. Le troisième tronc estcelui qui a le plus perdu de son calibre,aubénéfice du quatrième, qui était le plus petit.Cette grosse branche va également au pou-mon après s’être confondue avec le rameaupulmonaire, que nous avons vu fourni parla crosse.
Troisième période. Elle arrive assez rapi-dement : le troisième tronc s’oblitérant parsuite du détour du sang dans le quatrièmetronc, qui devient le véritable vaisseau pul-monaire, la première branche fournie par lacrosse n’étant plus qu’un moyen de commu-nication entre celle-ci et le quatrième tronc,qui se distribue au poumon. En même tempsles deux anastomoses des troncs n°“ 1 et 2, deplus en plus volumineuses, rendent le coursdu sang de plus en plus difficile dans les vais-seaux branchiaux et les communications tem-poraires qui existaient entre les branchesconstituant chaque crosse. Ces changementssont les derniers qui s’opèrent chez le tê-tard ; après cela , rien ne doit plus changeren lui sous le rapport de la Circulation. Ilrésulte de cette métamorphose que le cœurdes larves de Salamandres envoie aux bran-chies tout le sang veineux du corps, saufl 'infiniment petite quantité qui peut passerpar les anastomoses des deux premiers troncs.Nous insistons sur les mots infiniment petite,et en cela notre opinion diffère de celle d’unauteur célèbre, M. Rusconi, qui prétendqu'un torrent de.sang échappe par ses ana-stomoses aux branchies. Cette divergenced’opinion vient sans doute de ce qu’il auraexaminé des têtards plus âgés. D’ailleurs,qui ne voit ici que le véritable but de la na-ture est de donner à ces animaux, qui neviennent jamais dans le principe à la surfacede l’eau pour y respirer l’air libre, les moyensde respirer par des branchies, comme le fontles Poissons , en attendant que leurs poumons