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fournit par son évaporation le sucre d'E-rable, et sur le second, donne par la fer-mentation une liqueur légèrement alcoo-lique.
Cette ascension de la sève sous l’influencedes racines paraît avoir lieu à son maximumavant le développement des bourgeons. Dèsque ces organes commencent à s'accroîtresous l’influence de la température du prin-temps ; dès qu’ils se gonflent, ainsi que lesjeunes rameaux sous cette influence, uneautre action se manifeste. C’est une succionopérée par les parties supérieures de l’arbre,résultant probablement de la dilatationmême des tissus et de la transpiration en-core faible qui s’opère sur les parties jeunes.En effet, dans ces circonstances, une bran-che coupée et plongée dans l’eau absorbeune partie du liquide, et avec une force tellequ’elle peut déterminer l’élévation d’unecolonne de mercure plus ou moins considé-rable, suivant les circonstances. Cette suc-cion des parties supérieures devient de plusen plus forte à mesure que les rameaux etles feuilles se développent et qu’ils devien-nent le siège d’une transpiration plus abon-dante.
C’est donc sous l’influence de ces deuxforces, celle d’absorption et d’impulsion desradicelles, et celle de transpiration et de suc-cion des feuilles et des rameaux agissanttrès inégalement suivant les saisons et lescirconstances atmosphériques, que la sèvelymphatique s’élève des extrémités des ra-cines dans le tronc, dans les rameaux et lesfeuilles d’un arbre ou d’une plante herbacéequelconque.
Quant au trajet que suit ce liquide, l’ob-servation directe des parties d’où il s’écouleet la coloration de ees parties lorsque la sèveest chargée de matières colorantes parfaite-ment solubles, ou lorsqu’on a introduit suc-cessivement dans la sève des matières sus-ceptibles de produire, par leur réaction,une couleur très prononcée, montre que lapartie ligneuse seule des racines, des tigeset des rameaux, sert de voie à ce liquide;l’écorce et la moelle y sont complètementétrangères. Dans le bois, les vaisseaux et lesfibres ligneuses paraissent également servir àla transmission, ces deux voies étant par-courues par elle simultanément lorsqu’ellemonte avec abondance au printemps, les
fibres ligneuses paraissant plus spécialementservir à sa transmission dans les autres sai-sons. Cependant le rôle des divers élémentsdu bois dans ces circonstances n’est pas en-core parfaitement clair; il resterait à faire àce sujet des expériences concluantes.
Ea sève ascendante ou lymphatique ar-rive donc par le corps ligneux jusque dansles rameaux et dans les nervures des feuillesqui lui font suite; quant à sa nature, ellerésulte de celle du liquide dans lequel plon-gent les racines, modifié cependant parlaprédominance de l’absorption de l’eau pureet par le mélange des matières organiquesauxquelles ce liquide s’est mêlé dans lesspongioles mêmes des radicelles, et de cellesqu’elle a dissoutes pendant son trajet dans lecorps ligneux; caron a reconnu que, durantce trajet, bien loin de perdre de sa densitépar le dépôt de quelques unes des partiessolubles qu’elle contient, sa densité aug-mente à mesure qu’on la recueille à uneplus grande hauteur.
Arrivée dans les rameaux herbacés et dansles nervures des feuilles, elle doit pénétrerpar imbibition dans le tissu cellulaire du pa-renchyme.des feuilles, et même dans celuide l’écorce des rameaux herbacés par l’in-termédiaire des rayons médullaires.
C’est dans ce parenchyme vert que cefluide est modifié par la transpiration, quilui enlève une partie de l’eau qu’il con-tenait, et par la respiration, qui, sousl’influence prédominante de la lumière,augmente la proportion de carbone et quel-quefois d’azote qu’il renfermait.
Ces modifications donnent naissance à unnouveau liquide: c’est la sève élaborée ou lasève descendante , le latex des physiologistesallemands, dont nous allons examiner lamarche.
Circulation vasculaire ou du latex. Dansbeaucoup de végétaux, ce suc, modifié parl’acte de la respiration, acquiert des pro-priétés physiques qui le font immédiate-ment reconnaître et permettent de suivre samarche facilement. Dans ces végétaux, eneffet, il se présente sous forme d’un sucassez épais, opaque, ordinairement blancet laiteux, quelquefois jaune ou rougeâtre;c’est ce suc qui s’écoule abondamment desplaies faites à l’écorce et aux nervures desfeuilles des Euphorbes, des Figuiers, des