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mention dans les annales des divers peuples.Iæs plus anciens écrivains en parlent, et foutle plus triste tableau des ravages et des épi-démies occasionnés par ces Orthoptères .
Continuellement les parties les plus chau-des du globe, surtout de l’ancien continent, Iuni à souffrir ainsi des dommages inappré-ciables; à certaines époques ces Insectessont parfois si nombreux dans les lieux cul-tivés, qu’ils changent bientôt les plus fertilesen véritables déserts. Rien ne résiste à leurvoracité. Lorsque les localités qu’ils habitenttiennent à ne plus leur fournir de nourri-•nre.ils partent tous ensemble, comme à unsignal donné, pour des contrées encore éparRnées, mais qu’ils ne tardent pas à ravagerentièrement.
Tout le monde a entendu parler des émi-fations de Criquets. Une espèce très eom-niunea même reçu pour cela le nom de Cri-quet \nya^e\ir(Acridiumnngratorium). C’estUn grand insecte dont les ailes étendues ontPlus de 10 centimètres d’envergure. I,e corpses t verdâtre, avec la face d’une nuance plusjaune; les ailes sont grisâtres, ornées d’uneassez grande quantité de petites taches bru-nes répandues dans toute leur longueur, etles jambes sont rosées.
•■ors de leurs émigrations, ces Criquetsvoyageurs, de même qu’une foule d’autresespèces moins souvent signalées , volent toussi rapprochés les uns des autres qu’ils inter-ceptent pendant quelques instants les rayonsdu soleil et produisent de loin l’effet d’uunuage.
Cn grand nombre de voyageurs nous en-tretiennent de l’aspect singulier de ces trou-pes de Criquets, venant s’abattre dans tousles endroits où l’on trouve encore de laverdure.
Des populations entières ont été parfois ré-duites à la plus affreuse misère par suite desravages occasionnés par ces Orthoptères Lafamine s’est fait sentir ensuite à diverses épo-ques d’une manière déplorable dans le midide l’Europe et en Afrique . La mort de ces In-sectes , loin d’èlre un bienfait, est devenuesouvent la cause d’un plus grand fléau ; carleurs corps amoncelés et échauffés par lesr ayons du soleil entrent bientôt en putréfac-l i°n , et leurs exhalaisons déterminent desl'estes qui achèvent de détruire des popula-tlons épargnées jusqu’alors par la famine. Ir. IV.
On a peine à se convaincre que les récitsdes auteurs ne sont pas empreints d’exagé-ration , en lisant les détails relatifs aux mauxoccasionnés par les Criquets. Mais de nosjours ou à une époque peu reculée on a euI a enregistrer nombre de faits que l’on nesaurait révoquer en doute.
Les Criquets étaient connus des Hébreux,qui les désignaient sous le nom d ’Arbeih. LesGrecs leur donnaient celui ù'Acris (âxptç), etles Latins celui de Locusta ,que nous tradui-sons en français par le mol de Sauterelle,en lui donnant une acception plus restreinte;car sous cette dénomination de Sauterelle( Locusia) nous comprenons des Insectes Or-thoptères, constituant aujourd’hui une fa-mille très distincte de celle des Acridiens ouCriquets en général. Ceux-là, quoique évi-demment très nuisibles à l’agriculture, sciontoute vraisemblance, ne sont jamais asseznombreux pour être redoutés comme le sontà trop juste titre les Insectes qui nous occu-pent en ce moment.
Comme tout ce qui est rapporté par lesécrivains anciens et modernes louchant l’his-toire des Criquets présente peu de faits par-ticuliers , nous nous contenterons ici de citerles désastres les plus remarquables.
Ce qu’il y a de plus anciennement connusur les Criquets est consigné dans la Bible .Au chapitre X de l’Exode, il y est dit quepour la huitième plaie d’Egypte, l'Éternel.par l’entremise de Moïse , fil monter les Sau-terelles sur tout le pays d’Egypte , qu’ellescouvrirent entièrement par leur nombrece même pays où elles avaient été amenéespar un vent d’orient, et lorsque le Pharaonqui régnait alors cul consenti au départ dupeuple israélile, elles furent, ajoute-t-on, enun même instant enlevées par un ventd’occident
Cette sorte d’apparition de Criquets si fré-quente en Orient fut alors regardée par li ssaintes écritures comme un miracle dû a lapuissance divine. Pline nous apprend quedans plusieurs parties de la Grèce , une loiobligeait les habitants à détruire ces Insec-tes à leurs trois états d’oeuf, de larve et d’in-secte parfait. Dans l’ile de Lemnos , chaquecitoyen devait fournir tous les ans une t er-I laine quantité de Criquets.
| D’après les récits recueillis par Mouflet,
I d’innombrables légions de ces Orthoptères
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