Band 
Tome quatrième.
Seite
346
JPEG-Download
 

34Ü CRI

auraient, l’an 170 avant l’ère chrétienne, dé- jvaste tous les champs des eu virons de Papoue.

Tout le nord de l'Italie et le midi de laGaule l’auraient été l’an ISI de notre ère,après avoir déjà été épuisés par des guerressuccessives.

Au rapport de saint Augustin, quelquessiècles plus tard l’Afrique futdésolée par cesInsectes, qui étaient en nombre si grand !qu’ils dévorèrent toute la végétation. Jetés !ensuite dans la mer par la violence du vent, Ipuis repoussés sur le rivage, les exhalaisonsde leurs corps corrompus se répandirent auloin et déterminèrent une peste qui lit périr, jdans le royaume de Numidie, une population jévaluée à 800,000 âmes. |

Pendant les années 1717 et 1718 ils se ré-pandirent dans la Moldavie, la Valachie etla Transylvanie . Ils pénétrèrent dans cettedernière contrée par des gorges et des che-mins étroits pratiqués dans les montagnes.Ainsi resserrés, un grand nombre d’entreeux tombaient à terre de manière que le solfut jonché de leurs corps ; mais la plus grandepartie vint s'abattre sur tous les champs desalentours,qui furent bientôt ruinés.En 1719,ils se montrèrent en abondance dans unegrande partie de l’Europe . On rapporte que(’.barles XII étant en Bessarabie crut être as-sailli par un ouragan accompagné de grêle,lorsqu’une foule de Criquets tomba sur scshommes et leurs chevaux ; leur nombre étaitsi prodigieux qu’on les comparait à la chuteîle la neige , et tous les endroits où ils appa-raissaient offraient le tableau de la plus com-plète désolation. j

En 1780, ils parurent dans l'empire deMaroc , et y causèrent la famine la plus af-freuse; les pauvres erraient de tous côtés,déterrant les racines des végétaux, se jetantsur les fientes des chameaux pour y cher-cher les grains d’orge qui n’étaient pas endécomposition cl dont ils se nourrissaientavidement. Levaillant nous dit, dans sesvoyages dans l’Afrique méridionale , de 1789à 1791, que des nuées innombrables de Sau-terelles passaient au-dessus de sa tête et ve-naient tomber dans les endroits qui avaientencore été épargnés ou que le soleil n’avaitpas complètement brûlés. Il ajoute qu’a unecertaine distance on pensait voir un nuageépais, et que c’est seulement lorsqu’elles ap-prochaient que le bruit de leurs ailes s’entre-

CRI

choquant les unes contre les autres se fai-sait entendre. Plusieurs d’entre elles nepouvant plus toujours se soutenir, tom-baient a terre etétaient bientôt ramassées parles Hottentots, qui s’en nourrissaient avec unvéritable plaisir.

En 1799, les Criquets, au rapport deM. Jackson,couvrirent toute la surface de laterre de Mogador à Tanger . La région entièrequi confine au Sahara fut ravagée; tandisque de l’autre côté de la rivière El-kos , onne vit aucun de ces Insectes. Une partie of-frait ainsi le spectacle de la nature la plusv ivante ; et l’autre, presque contiguë , celuide la misère et de l’aridité la plus complète.Quant le vent vint à souffler, tous ces Or-thoptères furent poussés dans la mer, puisrejetés sur la côte , où l’infection qu’exha-laient leurs corps occasionna une peste quidésola la Barbarie. Dans ces temps de mal-heur, dit-on, les Arabes du désert, qui por-tent une haine implacable à tout le reste dugenre humain , se réjouissent quand ilsvoient certaines contrées entièrement rui-nées par les Criquets. Ils appellent ces es-saims destructeurs la bénédiction , et ilsviennent alors fixer leurs tentes, habitationsmobiles, dans les localités qui ont le plussouffert de la famine et de la peste.

La Grèce, l’Espagne, l’Italie , ont très fré-quemment à subir les tristes conséquencesdes apparitions de Criquets. Il y a quelquesmois à peine, plusieurs journaux appre-naient au public que, dans plusieurs partiesde l’Italie , les champs avaient été dévastéspar ces Insectes.

Dans le midi de la France , où quelquesespèces se montrent assez fréquemment enquantité considérable et y causent d’horri-bles dégâts , des fonds sont alloués pour lachasse de ces Insectes dévastateurs, et prin-cipalement de leurs œufs. On en détruit decette manière un nombre prodigieux. M 9o-lier a donné à cet égard un Mémoire asse*curieux ( Annales de la soc. entomolori. <leFrance ). Il cite les années 1813, 1815, 182*et 1824, comme pouvant compter parmi lesplus funestes. Chaque kilogramme d'oeufsétait payé 60 centimes, et celui d’insectesseulement la moitié de ce prix. A la P r0 'mière des époques que nous venons de ■si-gnaler. la ville de Marseille fit une dépensede 20,000 francs, et la petite ville d’Arles