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l.a morsure, quoique large, est d’abordbeu sensible ; mais, au bout de quelques se-condes, une enflure accompagnée d élance-ments se développe autour de la partietèsée j cette enflure gagne bientôt le reste ducorps , et, apres quelques minutes, la vie a
plus souvent cessé. L’agonie est extrême-ment douloureuse : une soif inextinguibledévore le patient; la langue sort de sa bou-che et se tuméfie ; un sang noir coule de ses'■arincs, et la gangrène a corrompu seschairs. Un nommé Drake, qui montrait àï'Ouen une petite ménagerie, fut blessé àla main par un Serpent à sonnettes qu’ilsoi gnait sans précautions ; il eut le courageS’emporter aussitôt d’un coup de hache ledoigt piqué , mais ce fut en vain; quelquesminutes plus tard il succombait aux efTelsl’absorption, qui déjà s’était opérée. Cetévénement appela l’attention de l’autorité.
interdit l’exhibition de ces dangereux«niniaux , et quelques autres nations euro-péennes adoptèrent des mesures analogues:“ussi n’en montre-t-on que rarement en pu-blic
Hans les ménageries scientifiques, et en par-ticulier dans celle de Paris , il est permis ce-pendant de conserver des Crotales vivants ;mais on les tient enfermés dans une doublecage , et l’on observe avec exactitude toutestes mesures de prudence indiquées à cetegard ; aussi, quoique l’acclimatation enEurope des Serpents à sonnettes ne soit pasPhysiologiquement impossible , on s’étonnequ’il en soit question sérieusement dans desouvrages d’histoire naturelle ; aucun d’euxn’a encore produit chez nous.
Les dents, chez les Crotales comme chezles autres Serpents venimeux, sont chargéesde l’introduction du venin ; elles le conser-vent assez longtemps sans altération ; lessquelettes mêmes, quoique préparés depuisplusieurs années, ou les exemplaires conser-vés dansl’alcool doivent toujours être maniés®vec une extrême précaution : de semblablesPréparations appartenant à des Serpentsbeaucoup moins dangereux que les Crotales°nt blessé plusieurs naturalistes, et ne per-mettent pasde douter qu’il n’en soit de mêmedes Crotales. On dit même que leur poisonse eonserve jusque sur le linge, et que diffé-r entes personnes sont mortes après avoir étéPansées avec du linge ainsi infecté. On citet. tv.
aussi le fait d’un homme qui fut mordu aupied à travers sa botte , et qui en mourut-Les bottes passèrent successivement à deuxpersonnes qui périrent peu d’instants aprèsles avoir mises-, après bien des recherches,on découvrit que le crochet assassin était de-meuré engagé dans le cuir, et c’est lui quiavait blessé légèrement ces deux malheureux.
Les dents meurtrières sont insérées sur lemaxillaire ; il y en a toujours une paire plusforte et d’autres en voie de développementplacées derrière elle et prêles é la rempla-cer. Ces dents sont canaliculées, ou plutôelles sont ployées en cylindre à la manièred’une oublie, et une tranche fine de leursubstance , soumise au microscope , en dé-montre aisément la formation. Dans leurcanal débouche le conduit excréteur d’uneglande considérable placée le long de l’osptérygoidien externe, et dans laquelle sedis-tille le venin. M. Duvernoy a publié {Ann.des Sc. nai-, (l. XXVI, 1™ série) une anato-mie de cet appareil sécréteur.
Les Crotales sont reconnaissables à leursformes trapues, à leur tête assez grosse clterminée par un museau court, gros et ar-rondi ; à leurs écailles épaisses, libres à leursommet, et surmontées d’une carène ou d’untubercule très prononcé ; à leur dos amincien une carène assez forte et à une certaineuniformité dans les teintes, qui sont ordi-nairement d’un brun jaunâtre, relevées parde larges taches plus foncées et en losange.Voy. l’atlas de ce Dictionnaire, Reptiles*»pl. )3, fig. i.
La sonnette , qui est le principal caractèrede ce genre, résulte d’un nombre variablede petites capsules emboîtées l’une dansl’autre, desséchées et mobiles, qui produi-sent par l’agitation rapide de la queue unbruit stridcnl, comparable àla vibration desgousses des légumineuses desséchées et con-tenant encore leurs graines. Ce bruit n’estpas fort élevé, mais il s’entend d’assez loin,d’une trentaine de pas environ, et dès quel’animal est inquiété il le fait entendre. C’estdonc une sorte d’avertissement providentielqui décèle aux autres animaux la présencedu terrible Ophidien, et qui, vu la lenteurdes mouvements de celui-ci, leur permetsouvent de l’éviter. Comme les Crotaleshabitent les endroits secs et arides, l’hommeest rarement exposé à leurs coups ; d’ailleurs
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