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Tome quatrième.
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ils mordent rarement sans être provoqués,et l’on cite à cet égard des faits qui rendentceux que nous ayons cites plus haut moins ef-frayants en en montrant la rareté. (I semble-rait même que ces animaux soient suscep-tibles d’un certain apprivoisement. ThéodoreCocteau, dans un de ses intéressants articlesil u Dictionnaire pittoresque , rapporte, d’a-près M. Thiébaut de Berneaud, qu’un de cesSerpents vivait en liberté chez lu. Pal lois,médecin à Nantes ; qn’il sortait de sa retraiteaussitôt qu’on l’appelait par le nom de Cocoqui lui avait été donné, qu'il venait mêmemanger sur la table ce qu’on avait disposépour lui, sans s'effrayer de la présence desétrangers , auxquels on montrait sa docilité,et sans chercher à nuire.

Ces animaux sont vivipares comme nosSerpents venimeux, et les voyageurs ont re-marqué qu'ils veillent pendant un certaintemps sur leurs petits. Palisot de Beauvoisrapporte qu’un Croialtts durissus, dont ilvoulait s’emparer, s’agita aussitôt pour fairerésonner ses sonnettes, en même temps qu’ilouvrait une large gueule, et y reçut cinqpetits Serpents à peu près gros comme untuyau de plume. « Surpris de ce spectacleinattendu , je me retirai de quelques pas,dit l’auteur, et me cachai derrière un arbre.Au bout de quelques minutes , l’animal, secroyant, ainsi que sa progéniture, à l’abride tout danger, ouvrit de nouveau sa bou-che cl en laissa sortir les petits qui s’y étaientcachés. Je me remontrai, les petits rentrè-rent dans leur retraite, et la mère, empor-tant son précieux trésor, s’échappa à la faveurdes herbes, dans lesquelles elle se cacha. »

Dans les jeunes, il n’y a point encore degrelot : cet organe, qui se composera plustard d’une succession de capsules enchâsséesles unes dans les autres, ressemble alors àun petit dé moulé sur la dernière vertèbredorsale; mais ce petitétui épidermique est aubout de quelque temps remplacé par unautre, celui-ci par un troisième, et succes-sivement. Comme aucun d’eux ne tombe,par suite d’une petite gorge de sa partie pos-térieure qui le retient au suivant, il en ré-sulte une sor'ede chapelet serré, ayant de |10 à 15 pièces et quelquefois mêmedavan- jtage. Seba figure une sonnette à laquelle on jen compte 42. Chez certains individus, on Ireconnaît que cet organe a été évidemment ;

cassé. Il est certain que le nombre des piè-ces du grelot n’égale pas celui des mues del’animal, et le Croiulus munis de Linné n’ena jamais qu’une seule. Quelques observa-tions ont été entreprises au Muséum au sujetde leur développement.

Les Crotales sont révérés par certainespeuplades américaines ; on se contente leplus souvent de les éloigner, mais sans lestuer, dans la crainte que l’esprit de celuiqu’on aurait fait mourir n’excite ses parentsou ses amis vivants à venger le mal qu’onlui aurait fait. Dans certains endroits, onles dit sensibles à la musique, et M. de Cha-teaubriand écrit sur ce point un passage quenous ne saurions omettre: « Au mois dejuillet 1791, nous voyagions dans le Haut-Canada avec quelques familles sauvages dela nation des Ounoutagnes. Un jour quenous étions arrêtés dans une plaine au bordde la rivière Génésie, un Serpent à sonnettesentra dans notre camp. Nous avions parminous un Canadien qui jouait de la flûte ; dvoulut nous amuser, et s’avança contre leserpent avec son arme d’une nouvelle es-pèce. A l’approche de son ennemi, le su-perbe reptile se forme tout-à-coup en spi-rale, aplatit sa tète, enfle ses joues, con-tracte ses lèvres , découvre ses dents enve-nimées et sa gueule rougie ; sa languefourchue s’agite rapidement au-dehors ; sesyeux brillent comme des charbons ardents;son corps, gonflé de rage, s’abaisse et s'élèvecomme un soufflet; sa peau dilatée est hé-rissée d’écailles, et sa queue, en produisantun son sinistre, oscille avec tant de rapi-dité, qu’elle ressemble à une légère vapeur-Alors le Canadien commence à jouer sur s»flûte ; le serpent fait un mouvement de sur-prise et retire sa tête en arrière; il fermepeu à peu sa gueule enflammée. A mesureque l'effet magique le frappe , ses yeux P* r 'dent de leur âpreté, les vibrations de saqueue se ralentissent, et le bruit qu’elle fa 1 *entendre s’affaiblit et meurt par degrés-Moins perpendiculaires sur sa ligne spiral*-les orbes du Serpent charmé s’élargissent etviennent tour à tour se poser sur la terre encercles concentriques; les écailles de la P ea "s'abaissent et reprennent leur éclat, et, lo urliant légèrement la tète, il demeure immobile dans l’attitude de l’attention et dusir. Dans ce moment le Canadien mar<