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dans le poumon , tandis que, dans le Cygnedomestique, elle s’y rend en ligne droite.
Sa force et sa taille mettent le Cygne à latête des Oiseaux d’eau. Quoique sa formesoit celle de l’Oie et du Canard, il a plus degrâce et de noblesse que ces derniers oi-seaux, ce qui lui a valu chez tous les peu-ples et à toutes les époques une réputationqui n’est pas entièrement méritée. On doitmettre au nombre des hommes qui ont à tortconsidéré cet oiseau sous un côté poétiqueet entièrement faux, le célèbre Buffon. Ob-servateur judicieux, naturaliste philosophe,il s'est parfois laissé entraîner à ses inspira-tions littéraires, et trop souvent dans ses ou-vrages l’écrivain l’emporte sur le naturaliste ;c’est ce qui a lieu pour le Cygne. « Cet oi-seau, dit-il, règne sur les eaux à tous les ti-tres qui fondent un empire de paix, la gran-deur, la majesté, la douceur... Il vit en amiplutôt qu’en roi au milieu des nombreusespeuplades des oiseaux aquatiques, qui tou-tes semblent se ranger sous sa loi...» Le Cygnedomestique est certes un oiseau qui charmepar l’élégance de ses formes, la souplesse deses mouvements , la blancheur éclatante deson plumage; encore ne jouit-il de ces pre-miers avantages que quand il est dans l’eau :par à terre, il est gauche et maladroit, aussiempêché dans ses mouvements que les autresLamellirostres, et tout dans sa tenue annoncea stupidité : qualité qui lui est communeavec le reste du g. Canard. Son intelligenceest bornée ; son caractère est méchant, em-porté, brutal. Presque tous les Cygnes don-nent de fréquentes marques d’un caractèreviolent, et souvent il est imprudent de s’ap-procher d’eux, surtout pendant l’édueationdes petits. J’ai vu à la Celle-Saint-Cloud un Cygne qui avait jeté dans une petitepièce d’eau du parc de AI. Morel de Vindéun garçon jardinier, et qui attaquait tous lespromeneurs. Lewin rapporte plusieursfaits semblables ; et j’ajouterai comme unepreuve de plus de la méchanceté du Cygne,l’exemple de ceux du jardin du Luxem-bourg, qui avaient pris tous les gardes enaversion, et s’avançaient vers euxaveccolèredu plus loin qu’ils les voyaient paraître.Lorsque l’eau du bassin était assez hautepour qu’ils pussent en sortir, ils les poursui-vaient malgré leur marche embarrassée, etsans que leur colère diminuât.
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Un chien étant tombé un jour dans lebassin du même jardin, les deux Cygnesqui étaient à l’autre bout se dirigèrent versle pauvre animal les ailes largement dé-ployées , en poussant leur cri de guerre; il*lui eussent fait un mauvais parti, si le sen-timent du danger qui le menaçait ne luteût fait redoubler d’efforts pour gagner I®rive.
Si l’on en excepte quelques grands oiseauxde proie, et les Loups, les Renards et autresMammifères carnassiers qui les surprennentpendant leur sommeil, les Cygnes ont peud’ennemis: car sans être armés d’un bec tran-chant ou de serres aiguës,ils ont dans le brasune force si grande qu’ils s’en servent avecavantage pour combattre.
Les luttes acharnées qui ont lieu entreles Cygnes n’ont pas d’autre cause que lapossession des femelles, et souvent ellesfinissent par la mort d’un des combattants.Us s’attaquent d’abord par de vigoureuxcoups d'aile, puis ils s’enlacent le cou avecforce, et cherchent à se noyer mutuellementen se tenant par force la tête plongée dansl’eau.
Ils attaquent aussi les autres Palmipèdesqui viennent nager dans leurs eaux : cepen-dant la guerre n’est pas constante ; on les voitsouvent au milieu d’une troupe de Canardssauvages sans chercher à les inquiéter ; et cen’est sans doute qu’à l’époque de la pariadeet de l’éducation des petits que se développe’leur irascibilité naturelle.
Le Cygne est un oiseau que la beauté deses formes rend propre à faire l’ornement denos pièces d’eau ; mais on ne peut rien l* 11demander au-delà. C’est un animal de paradequ’il faut laisser libre de ses mouvements etde ses volontés , et qui n’est guère suscep-tible d'éducation ; tout ce qu’on peut lui ap-prendre est de venir à la voix. Pourquoi l’i-magination est-elle toujours mise à la place
de la réalité? pourquoi prêter à des animaux
des qualités chimériques démenties par l’oh -servation la plus superficielle? C’est que I esentiment de l’imitation survitchez l’hoinmeau jugement le plus épuré. Les anciens ontadmiré le Cygne , nous l’admirons aussi •c'est un hommage de convention que nou*lui rendons; mais si, sérieux Observateurs,nous nous débarrassons de l'engouementqui obscurcit notre jugement, et nous r*-